Une nouvelle grappe industrielle, TechnoMontréal

Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand (deuxième à gauche), et le maire de Montréal, Gérald Tremblay (au centre).
Photo: Jacques Nadeau Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand (deuxième à gauche), et le maire de Montréal, Gérald Tremblay (au centre).

La région de Montréal possède officiellement une nouvelle grappe industrielle, celle des technologies de l'information et des communications (TIC), à laquelle on a donné le nom de TechnoMontréal. «C'est le symbole de ce qu'on veut que Montréal soit dans l'avenir», a résumé le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, en présence de 300 personnes venant de cette industrie qui compte 2700 entreprises créant 110 000 emplois dans le Grand Montréal.

D'ici 2010, cette grappe qui a pour but de mettre en place un certain nombre de stratégies pour favoriser l'innovation, la recherche et la commercialisation au bénéfice de l'ensemble des entreprises du secteur se donne pour objectifs la création de 15 000 à 25 000 emplois nouveaux liés aux TIC, une croissance des exportations de l'ordre de 30 % et une augmentation de 25 % des effectifs en recherche et développement dans les secteurs privé et universitaire. En 2004, les exportations des TIC ont été de quatre milliards. Ce secteur d'activités met déjà à contribution 12 000 chercheurs dans des centres privés et publics.

Les TIC du Grand Montréal possèdent 80 % des brevets obtenus au Canada dans leurs champs d'action, et 64 % des investissements étrangers effectués dans la région vont dans les TIC, qui y sont en somme le créateur d'emplois le plus important.

La grappe des TIC comprend sept secteurs complémentaires, soit les services informatiques, la fabrication, les logiciels, les arts numériques, les services de télécommunications, les services et médias numériques et interactifs, l'audiovisuel et le son numérique.

On retrouve comme membres des TIC des entreprises comme CGI, Ubisoft, Ericsson, des spécialistes du capital de risque comme le Fonds de solidarité FTQ et Desjardins Capital de risque, plusieurs associations professionnelles et bien sûr les pouvoirs publics, aussi bien municipal que fédéral et provincial.

La grappe des TIC est la quatrième à avoir été formellement établie à Montréal. En 2002, on avait mis sur pied la grappe InVivo pour les sciences de la vie. Il y a aussi AéroMontréal pour l'industrie aérospatiale et la grappe appelée Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal. Au fait, le maire de la ville, Gérald Tremblay, qui est sans doute le plus ardent et le plus «passionné» promoteur des grappes depuis les années où il était ministre de l'Industrie dans le gouvernement de Robert Bourassa, conserve toujours la même ferveur.

Il était évidemment présent à ce lancement hier, notamment parce que la Communauté métropolitaine de Montréal contribue financièrement six millions au Fonds de la compétitivité de 24 millions, tout comme Québec, Ottawa et le secteur privé, qui y mettent chacun un montant identique de six millions.

M. Tremblay rêve encore de voir une quinzaine de grappes industrielles recouvrir le territoire. Des discussions sont en cours dans certains secteurs, comme ceux de l'acier, de la culture, de l'environnement et de l'agroalimentaire. Il faut généralement beaucoup de temps pour en arriver à un consensus entre des partenaires qui parfois sont des concurrents. Par exemple, dans l'aérospatiale, qui occupe une place majeure depuis longtemps dans la région montréalaise, il aura fallu attendre les menaces grandissantes de la mondialisation et le contexte particulièrement stressant d'une montée très rapide de la valeur de la monnaie canadienne pour en arriver à un consensus.

Dans les TIC, Montréal est devenu un pôle mondial majeur, notamment grâce à sa créativité dans les jeux vidéo et le cinéma numérique, qui a fait une contribution spectaculaire dans plusieurs productions très importantes, par exemple dans le film Titanic. Toutefois, il ne faut jamais rien tenir pour acquis. Pour le succès d'une grappe, il faut du leadership, mais aussi une tension utile, explique le maire Tremblay, qui est bien d'accord pour qu'on fasse appel à la contribution de pays en développement comme la Chine et l'Inde, à la condition qu'on garde ici une masse critique suffisante.

TechnoMontréal, qui aura une petite équipe de cinq personnes, pourra compter sur la collaboration et les locaux de Montréal International. Il possède un conseil d'administration dont le président est Michel Guay, qui est par ailleurs président et chef de la direction de Wavesat, une entreprise montréalaise fondée en 1993 et qui est un fournisseur de puces pour le secteur du sans-fil à large bande. Cette firme compte des clients partout dans le monde et des partenariats avec des fabricants, des équipementiers et des intégrateurs de système.

Enfin, l'objectif général de cette démarche vers la formation de grappes — qui en fait ne sont pas une invention québécoise puisqu'elles ont déjà fait leurs preuves ailleurs — ne vise pas seulement à créer des synergies et une dynamique à l'intérieur d'un secteur industriel en particulier. Il vise aussi à ce qu'il y ait des liens entre différentes grappes, pour optimiser les performances à tous égards: innovation, développement, commercialisation et compétitivité. «L'union fait la force», comme on l'a rappelé encore hier.

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