Grève au CN - Rencontre avec la direction

Le spectre d'un syndicat en proie à la zizanie plane sur les perspectives d'une entente négociée, alors que le Canadien National (CN) et le syndicat des Travailleurs unis des transports (TUT) se rencontrent à Montréal, ce samedi, dans le cadre de pourparlers exploratoires.

Plusieurs des 2800 chefs de train et ouvriers de gare de triage représentés par les TUT affirment avoir perdu confiance dans la capacité de leurs représentants à parvenir à une convention collective acceptable.

«Je crains que plusieurs de nos membres n'aient perdu foi en notre comité de négociation», a affirmé Bill Johnson, président de la section locale des TUT à Halifax.

«Ce ne sont pas les membres que nous avons élus pour négocier pour nous. Ce sont les membres qui ont été mis en place par le syndicat américain, et beaucoup de membres ne les croient pas capables de nous négocier une entente acceptable d'un côté à l'autre du pays», a-t-il ajouté.

Le syndicat national a indiqué hier que les travailleurs des terminaux de Halifax, Edmonton et Sioux Lookout s'étaient joints à ceux de Vancouver, Kamloops et Oakville, dans le cadre du mouvement de grèves tournantes lancé mercredi.

Pas de signe de piquetage

Le CN a cependant nié qu'il y avait des lignes de piquetage, et M. Johnson a indiqué que les activités se poursuivaient comme d'habitude à Halifax.

«Ce syndicat est dysfonctionnel en ce moment», a-t-il déclaré, avant que l'organisation syndicale eut, par la suite, reconnu qu'aucune nouvelle ligne de piquetage n'avait été formée hier.

Par ailleurs, le syndicat des travailleurs en grève a indiqué qu'il retournerait à la table de négociation avec des réserves, après que le chef de la direction du CN, Hunter Harrison eut fait savoir que le transporteur ferroviaire n'améliorerait pas l'aspect financier de sa plus récente offre.

Dans une lettre invitant le syndicat à négocier, Kimberly Madigan, vice-présidente aux relations de travail du CN, a écrit que des questions importantes, soulevées par la société, devaient être examinées à la suite du rejet massif, plus tôt cette semaine, de l'accord de principe portant sur une période d'un an. Parmi ces questions figurent le souhait du CN de modifier de vieilles règles de travail en adoptant des horaires et des conditions de travail souples, alors qu'il se prépare au départ à la retraite de milliers d'employés, lors de la décennie à venir.

Plus tôt cette semaine, les travailleurs ont rejeté un accord de principe dont l'approbation avait été recommandée par le syndicat. Cet accord aurait donné aux employés une hausse salariale de trois pour cent sur un an, de même qu'une prime de 1000 $ à la signature. Mercredi, le CN a décrété un lock-out à l'égard des membres des TUT ayant cessé d'assurer leurs services. À la Bourse de Toronto, hier, le titre du CN a reculé de 40 cents, terminant 54,30 $.

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