Les caisses de retraite respirent mieux

Photo: Agence Reuters

Les régimes de retraite canadiens sont beaucoup mieux garnis que l'an dernier, a signalé hier le cabinet de consultants Watson Wyatt en attribuant cette embellie à la performance robuste des marchés boursiers en 2006 et à une augmentation du rendement des obligations.

Dans son estimation de la santé des caisses de retraite, la firme-conseil a indiqué que les régimes de type classique, soit ceux qui s'engagent à verser des prestations déterminées, avaient en mars un taux de provisionnement de 98 %. Il s'agit d'un sommet de presque cinq ans et d'une amélioration significative par rapport au taux du début de 2006, qui se situait à 86 %.

«C'est une bonne nouvelle», a dit David Burke, directeur des pratiques de retraite chez Watson Wyatt. Le cabinet a également précisé que ces données sont susceptibles d'être «bien accueillies» par les directeurs des finances des entreprises car ceux-ci devront, dès le 31 décembre 2007, inscrire tout déficit d'un régime de retraite au bilan. Cette règle comptable a été publiée à la fin de mars.

Le taux de provisionnement est calculé en divisant l'actif d'un régime par son passif, c'est-à-dire en divisant ce qu'il gère par ce qu'il s'engage à verser. Pour effectuer son estimation, Watson Wyatt table sur ce qu'elle appelle un régime type, dont 60 % de l'actif est en actions et 40 % en obligations. Quant au passif, il est réparti à parts égales entre les travailleurs et les retraités.

La Bourse de Toronto a connu en 2006 une année en dents de scie mais a gagné suffisamment de terrain de juillet à décembre pour tourner la page sur la correction qui l'avait ébranlée en mai. Sur un an, la croissance de l'indice du TSX s'est donc établie à 17 %, un coup de pouce notable à la portion de l'actif des caisses qui est constituée d'actions.

Hier, le TSX a terminé la journée à 13 400,99 points, en légère baisse après avoir établi un nouveau record la veille. Après un cycle haussier qui vogue sans interruption depuis maintenant quatre ans et demi, il n'est pas impossible que la tendance change de direction dans un avenir plus ou moins rapproché. La dernière longue tendance baissière, celle de 2000 à 2002, avait vu le TSX passer de 11 000 à 6000 points. L'impact sur les régimes de retraite s'était traduit par une chute du taux de provisionnement, qui avait touché 85 % au début de 2003.

Quant au taux de rendement des obligations en 2006, il a légèrement augmenté. L'inverse aurait posé problème puisqu'une baisse des rendements obligataires fait en sorte que les engagements d'une caisse de retraite prennent de la valeur.

Défi démographique

Les prochaines années représentent un casse-tête particulier dans la mesure où le nombre de retraités ne cessera d'augmenter, tout comme les prestations, alors que le nombre de travailleurs diminuera. Selon les statistiques québécoises, le vieillissement de la population fait en sorte que le bassin de travailleurs n'a plus que six ans de croissance devant lui, entamant dès 2011 un repli sans équivoque.

Ce défi démographique, estiment depuis longtemps des spécialistes, pourrait se traduire par des choix difficiles pour les entreprises. La situation se soldera-t-elle par une diminution des pre3stations de retraite ou une hausse des cotisations des travailleurs? «C'est une bonne question, a dit hier M. Burke. Dans nos sondages, on voit de tout. On voit des employeurs qui choisissent un ou l'autre, et même certains qui font les deux, c'est-à-dire qui augmentent les cotisations et réduisent les prestations.»

Selon le groupe Option-Retraite, un peu plus de 40 % des Québécois bénéficient d'un régime de retraite, un pourcentage qui recule à 30 % dans les PME de moins de 300 employés.

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