Prévisions du Fonds monétaire international - La croissance de la zone euro pourrait dépasser celle des États-Unis en 2008

Washington — La croissance en zone euro devrait être cette année légèrement supérieure à celle des États-Unis pour la première fois depuis 2001, année des attentats, prévoit le Fonds monétaire international (FMI), mais la tendance pourrait de nouveau s'inverser en 2008.

«Je comprends que l'on puisse ressentir une concurrence» entre les deux économies, a reconnu hier Simon Johnson, le nouvel économiste en chef du Fonds, lors d'une conférence de presse. «Je ne m'inquièterais pas trop de savoir laquelle des deux arrive en tête», a-t-il toutefois ajouté.

«Nous pensons que le potentiel de croissance dans la zone euro est peut-être en train de croître, certains signes récents sont encourageants, mais il est trop tôt pour prendre fermement position sur ce point», a-t-il estimé. «Nous pensons également que le potentiel de croissance des États-Unis reste fort.»

Dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, le FMI a relevé ses prévisions de croissance 2007 pour la zone euro à 2,3 % contre 2 % dans son précédent rapport de septembre. Pour 2008, il table également sur 2,3 %.

À l'inverse, il a revu fortement à la baisse ses prévisions pour les États-Unis cette année, à 2,2 % contre 2,6 % auparavant. En 2001, la zone euro avait enregistré une croissance de 1,9 %, contre 0,8 % aux États-Unis. Mais depuis elle a toujours été à la traîne.

Tout comme aux États-Unis, la croissance devrait «fléchir dans la zone euro» en 2007 du fait du relèvement progressif des taux d'intérêts et des réductions de déficits budgétaires, estime le FMI.

En 2006, la croissance de la zone européenne avait atteint son rythme le plus rapide depuis six ans à 2,6 %, grâce à une forte demande intérieure, l'amélioration du marché du travail, et à «des facteurs exceptionnels», comme la Coupe du monde de football et la poussée de la consommation en Allemagne avant la hausse de la TVA en janvier 2007.

Le taux de chômage est du coup tombé à 7,6 % à la fin de l'an dernier dans l'ensemble de la zone euro, son taux le plus bas depuis 15 ans.

La demande de la zone euro, soutenue au dernier trimestre 2006, pourrait être plus forte que prévu cette année, en particulier en Allemagne, «où la consommation pourrait s'affermir», surtout «si les salaires se redressent et si l'effet négatif de la hausse de la TVA sur la demande au début de 2007» est plus faible qu'anticipé, selon le Fonds.

La France, cependant, ne devrait enregistrer que 2 % de croissance cette année, selon le FMI qui a ainsi revu en baisse sa prévision précédente de 2,3 %. Une performance inférieure à la moyenne de la zone.

Côté inflation, le gendarme de l'économie mondiale donne carte blanche à la Banque centrale européenne (BCE) pour continuer à durcir les conditions d'octroi du crédit.

Les taux de chômage «sont tombés au plus bas du cycle, les taux d'utilisation des capacités sont élevés et des tensions inflationnistes pourraient apparaître», avertit-il.

«Il semblerait justifié de relever les taux d'intérêt à 4 % d'ici l'été», juge-t-il, ajoutant même qu'«au-delà, de nouveaux ajustements pourraient encore être nécessaires».

Le FMI prévoit pourtant en 2007 et 2008 une inflation à tout juste 2 %, seuil maximal en théorie toléré par la BCE, mais s'attend à ce que le taux de chômage continue à reculer: à 7,3 % en 2007 et à 7,1 % en 2008.

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