Débrayages: le CN est prêt à discuter, mais...

La direction du Canadien National se disait prête, hier, à négocier avec les Travailleurs unis des transports (TUT) pour mettre fin à des débrayages sporadiques.

Mais déjà en mars, dans une note aux cadres du transporteur ferroviaire, le président Hunter Harrison indiquait que les salariés ne doivent pas espérer de l'employeur une offre bonifiée, par rapport à un accord de principe qui vient d'être rejeté.

Mardi, à une forte majorité, les membres du syndicat ont refusé le protocole d'accord conclu entre les deux parties. Un mouvement de grève débutait, hier en Colombie-Britannique, suite au rejet de cette entente; à Vancouver et Kamloops ainsi qu'à Oakville, en Ontario, des piquets de grève ont été installés et d'autres sites du CN pourraient être touchés ultérieurement.

L'accord d'une durée d'un an, rétroactif au 1er janvier, prévoyait des hausses salariales de 3 % de même qu'une prime de 1000 $ par employé, à la signature.

Pourtant, «les membres des TUT se sont exprimés, leur message tant au syndicat qu'au CN est très clair. Ils veulent une meilleure entente, qui va aborder les questions de dignité et celles dites relationnelles», écrit le dirigeant John Armstrong sur le site Internet des TUT.

Un porte-parole du CN, Mark Hallman, a affirmé hier qu'«au bout du compte, il faut connaître ce que chaque partie veut dire, pour voir si nous pouvons progresser».

Par ailleurs, à Vancouver, le responsable syndical David Moorehouse a indiqué que la plupart des membres de la région avaient voté en faveur de l'entente mais qu'ils sont quand même présents au piquetage, par solidarité avec tous les autres syndiqués.

Pour sa part, M. Hallman ajoute que les cadres du CN sont prêts à remplacer les employés qui débraieraient. La compagnie dit aussi avoir obtenu du syndicat l'assurance verbale que ses membres vont continuer de protéger, le mieux possible, les services de train de banlieue à Toronto et Montréal pendant les débrayages tournants. Les Travailleurs unis des transports représentent 2800 chefs de train et agents de manoeuvre du CN à travers le pays.

Jusqu'ici l'employeur n'a pas demandé qu'entre en jeu le gouvernement fédéral; le 29 mars, le ministre Jean-Pierre Blackburn affirmait qu'une loi spéciale serait vite adoptée si le conflit devait nuire au transit des marchandises. La session parlementaire doit reprendre lundi, à Ottawa.

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