Le FMI exhorte la Banque du Japon à la clarté

Washington — Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté hier la Banque du Japon (BoJ) à se montrer prudente dans son processus de resserrement monétaire et à exprimer plus clairement ses objectifs, afin de prévenir un choc sur le marché des changes.

Dans son rapport semestriel, le FMI estime qu'«au Japon, l'expansion devrait se poursuivre au même rythme environ qu'en 2006» avec un taux de croissance de +2,3 % en 2007 et +1,9 % en 2008, après +2,2 % l'année dernière.

«Une reprise de la consommation devrait largement compenser un certain refroidissement des exportations» japonaises, pronostique le FMI, qui prévoit également un redémarrage des dépenses des ménages.

Le Fonds juge «appropriée» la politique de la Banque du Japon, qui a opéré depuis l'été dernier un resserrement monétaire prudent alors que l'inflation dans la deuxième économie mondiale reste dangereusement proche de zéro.

La BoJ a aboli en juillet la politique de taux zéro qu'elle menait depuis 2001 en relevant le loyer de l'argent d'un quart de point. Puis, en février, elle a porté son taux directeur à 0,50 %.

«À l'avenir, même si les taux d'intérêt devront éventuellement être relevés jusqu'à des niveaux plus neutres, la politique monétaire accommodante ne devrait être abolie qu'à un rythme graduel, et sur la base d'informations prouvant la force soutenue de l'expansion», prévient le FMI.

Le Fonds s'inquiète également des risques de destabilisation des marchés des capitaux et des changes au cas où la BoJ relèverait ses taux sans émettre suffisamment de signes avant-coureurs.

Le différentiel entre les taux d'intérêt très bas du Japon et ceux, beaucoup plus élevés, pratiqués Europe et aux États-Unis est le principal facteur derrière la faiblesse persistante du yen par rapport au dollar et à l'euro.

Cette faiblesse «a augmenté l'attractivité du yen comme monnaie de financement d'investissements dans d'autres devises sur des marchés mûrs et dans les pays émergents d'Asie», et entraîné une augmentation du «carry trade», pratique qui consiste à emprunter de l'argent dans les pays où il coûte le moins cher pour l'investir là où il rapportera le plus, relève le rapport.

Le FMI souhaite «une plus grande clarté concernant les objectifs d'inflation à moyen terme de la Banque du Japon, qui faciliterait un ajustement en douceur des attentes du secteur privé en matière de taux d'intérêt».

Enfin, le FMI inflige son traditionnel sermon au gouvernement japonais pour son immense déficit budgétaire, qui représentait encore 4,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2006, et pour sa colossale dette publique qui atteignait 185 % du PIB, un record pour un pays développé.

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