Marchés boursiers - Wall Street résiste aux nouvelles négatives

New York - La Bourse américaine a de nouveau progressé cette semaine, surtout au chapitre des valeurs technologiques, résistant bien à des nouvelles négatives, et les analystes estiment que le marché est bien positionné pour finir l'année dans le vert.

Le Dow Jones, principal indicateur de Wall Street, a gagné 0,5 % seulement sur la semaine à 8579,09 points, mais l'indice composé de la Bourse électronique Nasdaq a fait un bond de 3,8 % à 1411,14 points et l'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a pris 1,7 % à 909,83 points.

Le marché obligataire s'est affaibli, en raison d'un transfert de capitaux vers la Bourse. Le rendement de l'obligation du Trésor à 10 ans est remonté à 4,02 % hier soir contre 3,83 % il y a une semaine, et celui de l'obligation à 30 ans à 4,91 % contre 4,77 %.

«D'un point de vue technique, le marché a établi une bonne fourchette entre 8350 et 8400 points et nous sommes probablement au premier stade d'une reprise de fin d'année», a indiqué Peter Cardillo, principal stratège de la firme Global Partners Securities. «La semaine prochaine sera probablement bonne, a renchéri Art Hogan, analyste de la maison de courtage Jefferies. Le marché montre une bonne résistance.»

Les inquiétudes sur le terrorisme

Art Hogan note toutefois que la Bourse reste handicapée par les inquiétudes sur le terrorisme et dans une moindre mesure par les incertitudes sur l'issue de la situation irakienne.

«Les inquiétudes sur le terrorisme dépassent de loin celles sur l'Irak», a estimé M. Hogan. Le marché a bien accueilli la décision mercredi de l'Irak d'accepter la résolution des Nations unies sur son désarmement. Toutefois, la nouvelle résolution n'est que la dernière d'une longue série, «alors les déclarations sont accueillies avec scepticisme», a souligné Bryan Piskorowski, analyste de Prudential Securities.

La lutte contre le terrorisme continue également de retenir l'attention des opérateurs, avec des nouvelles menaces reçues mardi d'Oussama ben Laden, principal suspect des attentats à New York et Washington en septembre 2001, puis l'annonce hier de l'arrestation d'un haut responsable de son réseau al-Qaïda.

Côté économique, la Bourse a dû absorber cette semaine des statistiques mitigées, avec une stabilité des ventes de détail, une baisse des demandes d'allocations chômage, au plus bas depuis août, et une bonne remontée de la confiance des consommateurs début octobre.

Toutefois, la production industrielle américaine a reculé nettement plus que prévu en octobre.

Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale (Fed), a déclaré mercredi que l'économie américaine traversait un «moment creux», même si le président de la banque centrale a voulu se montrer rassurant en jugeant la reprise prochaine et en disant la Fed prête à agir si nécessaire pour combattre la déflation.

Mais pour Tom Schrader, courtier de la firme Legg, Mason Wood, «la Fed n'a pas beaucoup de latitude pour baisser ses taux. Ce n'est pas comme il y a deux ans, quand Greenspan avait une marge de sept points pour baisser les taux. Maintenant, elle est d'un point seulement», a-t-il souligné.

Selon les analystes, les chiffres attendus la semaine prochaine devraient confirmer l'appréciation de M. Greenspan de la situation économique. «Je pense que les chiffres vont justifier [la récente] initiative de la Fed», a indiqué Asha Bangalore, économiste de Northern Trust Co.