Le dollar perd un demi-cent - Les technos reprennent du mordant, Toronto en profite

Toronto — La Bourse de Toronto a terminé en hausse hier, propulsée à nouveau par les valeurs technologiques qui ont profité de perspectives positives de certaines sociétés ainsi que des investisseurs alléchés par la faiblesse des prix de certains titres. En revanche, le dollar canadien a perdu plus d'un demi-cent, sous la crainte d'une faiblesse généralisée de l'activité économique.

L'indice composé S&P/TSX a gagné 0,6 %, soit 35,86 points, clôturant à 6329,72 points. À Wall Street, la Bourse de New York a fini en hausse de 0,3 %, l'indice Dow Jones des 30 industrielles gagnant 27,05 points à 8386,00, tandis que le Nasdaq composé prenait 30,33 points (2,3 %) à 1349,52.

En revanche, le dollar a perdu 53 centièmes, à 63,39 ¢US, sous le poids de ventes massives de négociateurs craignant un ralentissement plus accentué de l'activité économique aux États-Unis. Un déplacement vers le billet vert, valeur refuge dans cet environnement de tension géopolitique, vient également expliquer la perte de plus d'un demi-cent du dollar canadien.

Les valeurs technologiques

En Bourse, les valeurs technologiques ont tiré l'ensemble du TSX vers le haut, permettant d'éponger près de la moitié du recul de la veille. Certains experts restent toutefois prudents, jugeant prématuré tout emballement devant des signes de reprise. «Ce n'est pas que [certains investisseurs] tirent trop rapidement des conclusions sur une éventuelle reprise dans le secteur des technos, c'est plutôt qu'ils s'imaginent que le secteur va croître aussi rapidement que par le passé», a estimé Kate Warne, stratège des marchés canadiens chez Edward Jones, à Saint Louis, au Missouri. «Les investisseurs doivent réaliser que cela ne sera pas simple et que le chemin risque d'être agité, mais au moins, la vague de fond se dirige bel et bien dans la bonne direction, soit vers le haut.»

À New York, les marchés boursiers américains ont clôturé en hausse hier, charmés par des perspectives encourageantes pour le secteur technologique et des déclarations positives de responsables de la Réserve fédérale sur la reprise économique américaine. «Après trois séances de baisse, c'est simplement un petit rebond bien naturel», a estimé Weston Boone, courtier chez Legg Mason Wood Walker. «On essaie de voir quelles sont les perspectives de croissance pour l'économie.»

Intervention de la Fed

Sur le plan macroéconomique, à la veille de la prestation du président de la Fed, Alan Greenspan, devant le Congrès, plusieurs responsables de la banque centrale se sont relayés pour minimiser les craintes sur l'état de la reprise américaine. «Je reste optimiste sur le fait que notre politique volontariste réactivera une reprise qui a montré des signes d'essoufflement», a notamment déclaré le vice-président de la Fed, Roger Ferguson, à la suite d'un colloque à Pittsburgh. Le président de la Fed de Minneapolis, Gary Stern, a estimé, lui, dans le Wisconsin, que «l'économie semble bien aller de l'avant [...]. À mon avis, il ne fait pas de doute qu'une expansion économique, un redressement économique, est en cours.»

Selon Boone, de Legg Mason, «on s'inquiétait de l'état de l'économie après la baisse de 50 points de base [des taux de] la Fed et on assiste à un rebond à partir de cette vision négative».

«Nous sommes toujours dans un marché très incertain, a estimé Michael Drisco. Les marchés sont toujours inquiets de la situation dans le monde, notamment en Irak et en Israël, des résultats et des investissements des entreprises», a renchéri James Volk, directeur des échanges chez DA Davidson.

La communauté internationale est également en attente de la décision définitive de Bagdad sur la résolution 1441 de l'ONU adoptée vendredi sur le désarmement de l'Irak. Lundi, le Parlement irakien en a proposé le rejet et s'en est remis à la décision du président Saddam Hussein. Par ailleurs, la chaîne de télévision qatariote Al-Jazira a diffusé un enregistrement attribué au terroriste Oussama ben Laden dans lequel il salue les récents attentats à Bali (Indonésie), au Yémen et au Koweït ainsi que la prise d'otages de Moscou.