Pharmaceutique - Bristol-Myers supprime 115 emplois à Candiac

Un troisième géant pharmaceutique a recours à une compression de ses effectifs dans le Grand Montréal. Bristol-Myers Squibb Canada fermera ses installations de Candiac, ce qui devrait entraîner la perte de 115 emplois.

Dans son communiqué, Bristol-Myers a fait part de sa décision de regrouper ses activités reliées aux fournitures cliniques et ses fonctions connexes dans ses installations nouvellement agrandies de New Brunswick, au New Jersey. Ces activités visées «concernent 75 % de tous les postes de Candiac. Avec le regroupement de ces opérations, Bristol-Myers Squibb a dû analyser la rentabilité de ses installations de Candiac et prendre la décision de les fermer.»

Résultat, quelque 115 employés sont touchés. «Un certain nombre d'entre eux se verront offrir la possibilité de s'installer à New Brunswick ou dans d'autres centres des États-Unis», a ajouté la filiale canadienne du laboratoire américain, qui a son siège social à Montréal.

Cette annonce survient après celle de Pfizer qui, à la fin de janvier, parlait de l'élimination de 285 postes dans sa filiale canadienne. Tous les secteurs de l'entreprise étaient visés, y compris le siège social à Kirkland, en banlieue de Montréal.

Pfizer Canada précisait alors qu'elle devait rationaliser ses activités pharmaceutiques «dans le but d'améliorer son rendement et de mieux répondre aux nouveaux impératifs commerciaux et aux besoins émergents de la clientèle». Avant ces compressions, qui doivent s'étaler sur six mois, Pfizer Canada employait quelque 1500 personnes réparties entre son siège social de Kirkland et ses centres de distribution, en Ontario et dans l'Ouest canadien. Pfizer avait fermé une usine en Ontario en août 2006.

Rappelons qu'il s'agissait, pour Kirkland, de la deuxième série de compressions annoncée par un géant pharmaceutique en 18 mois. On pense à Merck Frosst qui, en novembre 2005, se disait contrainte de cesser ses activités de fabrication de médicaments au Canada. Il devait en résulter la mise à pied de 225 personnes, pour la plupart réunies aux installations de Kirkland. La filiale canadienne de Merck comptait alors quelque 1800 employés.

Dans leur justification, les grands de la pharmacie parlent de la concurrence des génériques, toujours plus omniprésents. Uniquement pour Pfizer, les analystes parlaient alors d'un «environnement opérationnel difficile. À mesure que les brevets de Pfizer tomberont, les génériques compromettront d'ici 2012 près de 40 % de son chiffre d'affaires actuel».

Déjà menacée sur certains de ses plus importants médicaments, Pfizer doit également s'adapter à l'expiration du brevet sur son produit phare, le Lipitor, en 2010. Elle a aussi perdu, l'an dernier aux États-Unis, l'exclusivité sur son antibiotique Zithromax et l'antidépresseur Zoloft. Elle sera également confrontée prochainement aux génériques pour le Norvasc, qui réduit la tension artérielle, ainsi que pour son antiallergique Zyrtec. Et l'on rappelle que, depuis le lancement commercial du Viagra en 1998, Pfizer n'a présenté aucun autre médicament à succès.

Pour sa part Bristol-Myers Squibb, conjointement avec Sanofi-Aventis, a entrepris des procédures devant les tribunaux contre le canadien Apotex, fabricant d'un générique de l'anticoagulant Plavix, leur médicament-vedette.

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