Airbus - Power 8: Français et Allemands s'entendent

Paris — Français et Allemands sont parvenus hier à un accord sur le plan de restructuration de l'avionneur européen Airbus, après une semaine de tensions dues au blocage sur les efforts à consentir dans les deux pays.

EADS, la maison mère d'Airbus, a annoncé dans un communiqué que son conseil d'administration avait approuvé le plan Power8 «à l'unanimité».

«Ce projet sera discuté avec le Comité d'entreprise européen d'Airbus le 28 février 2007 et ensuite avec les représentants du personnel au niveau national», a précisé le groupe européen d'aéronautique et de défense. «À l'issue de cette présentation aux représentants du personnel, EADS et Airbus communiqueront en détail sur ce plan», a ajouté la maison mère de l'avionneur européen, sans donner de date.

L'annonce du plan, prévue le 20 février, avait été repoussée à la dernière minute faute d'accord entre les actionnaires français et allemands d'EADS sur les efforts à consentir. Selon le communiqué, le conseil d'administration apporte désormais «un soutien total à la direction d'EADS et d'Airbus pour la réalisation de ce plan».

«Power8 permettra à Airbus de faire face au défi de la faiblesse du dollar, de supporter les coûts financiers relatifs aux retards de l'A380 et les futurs besoins de financement», ajoute-t-il.

EADS rappelle que le programme doit «générer 2,1 milliards d'euros de contribution annuelle d'EBIT [résultat d'exploitation, NDLR] à partir de 2010 et en outre cinq milliards d'euros de trésorerie cumulée de 2007 à 2010».

Lors d'une rencontre vendredi en Allemagne, la chancelière Angela Merkel et le président Jacques Chirac avaient affirmé leur volonté commune de parvenir à un règlement équitable de la crise d'Airbus et d'éviter qu'elle n'envenime les relations franco-allemandes.

Le coprésident du comité d'entreprise européen Airbus, Jean-François Knepper, a estimé hier soir que l'approbation du plan par le conseil d'administration d'EADS représentait «la fin du tunnel, mais le début des problèmes». Le premier ministre Dominique de Villepin avait confirmé le 20 février le chiffre de 10 000 suppressions de postes envisagées, et déclaré avoir demandé au coprésident exécutif d'EADS Louis Gallois qu'il n'y ait «pas de licenciement sec».

Airbus emploie quelque 56 000 personnes, dont 22 000 en France et près de 21 000 en Allemagne.

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