Expertech ferme ses portes

N'ayant pu obtenir les concessions salariales voulues, Expertech ne peut retenir son plus gros client et principal actionnaire, Bell Canada, et doit fermer boutique. Le processus, qui s'étendra sur les quatre prochains mois, devrait retirer leur emploi à 1700 personnes, dont près de 600 au Québec.

Expertech Bâtisseurs de réseaux a annoncé en début de soirée hier le rejet de son offre finale par les techniciens membres du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP). L'entreprise, «dont les tarifs sont présentement de 25 % supérieurs à la moyenne du marché», n'aurait d'autres choix que d'enclencher la procédure de fermeture, qui devrait coûter leur emploi à 1700 personnes.

«Nous sommes très déçus des résultats du vote, a déclaré Jacques Robichon, président et chef de la direction d'Expertech. Nous avions besoin de cette entente pour assurer l'avenir de l'entreprise. Nous avons dit depuis le début que le rejet de cette offre entraînerait la fermeture [...] Le rejet de l'offre entraîne la perte de notre principal client. Dans ce contexte, l'entreprise n'est plus rentable.»

Expertech est détenue par Bell Canada (75 %) et SNC Lavalin (25 %). Fournisseur de services d'infrastructures de réseau au Canada, principalement au Québec et en Ontario, son principal client est Bell Canada, dont le contrat expire cette année. «Expertech cessera progressivement ses activités au cours des quatre prochains mois. L'entreprise offrira du soutien à ses 1700 employés tout au long de cette période de transition et s'assurera qu'ils obtiennent un traitement équitable», a ajouté l'entreprise.

En novembre dernier, Expertech se disait engagée dans la dernière phase d'une restructuration en profondeur. Sans concessions majeures, qui portent à la fois sur une réduction des salaires et des effectifs, la filiale de Bell Canada menaçait de fermer ses portes. Quelque 200 personnes, soit 10 % de l'effectif, avaient alors été mises à pied. Il s'agissait de postes administratifs et de direction. Il était estimé que les demandes patronales visaient également l'élimination de 400 emplois de techniciens.

Outre ces 400 techniciens ciblés, l'entreprise s'attendait également à une réduction «de 44 % des salaires du tiers des employés restants», selon le syndicat.

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