Marchés boursiers - Hausse modeste pour la Bourse de Toronto

Toronto — La Bourse de Toronto a vu des gains du début, dans les secteurs de l'énergie et des mines, s'effriter au fil de la séance d'hier, et ainsi le S&P/TSX s'est contenté d'une hausse modeste de 25,55 points pour terminer à 13 343,53.

Aux États-Unis, la progression du cours du pétrole a encore inquiété le public investisseur, au terme d'une semaine où les résultats de l'inflation, pour janvier, ont fait craindre les pressions inflationnistes, et donc un ajustement à la hausse des taux d'intérêt. De plus, les ambitions nucléaires de l'Iran ont ajouté aux tensions géopolitiques.

Le dollar canadien a encore avancé, pour boucler sa semaine en gagnant 16 centièmes pour clore à 86,27 ¢US.

À la cote new-yorkaise, le brut de référence a crû de 19 ¢US à 61,14 $US le baril, retombant un peu de son sommet de la journée. Jeudi, il avait gagné 88 ¢US, face à un bilan du département de l'Énergie révélant de fortes chutes des réserves américaines d'essence et de mazout. Outre la question de l'Iran, important producteur d'or noir, le Nigeria a connu des violences visant son industrie d'extraction des hydrocarbures.

À Wall Street, le Dow Jones des 30 industrielles a diminué de 38,54 points à 12 647,48.

Wall Street a commencé à faire du surplace et pourrait faire de même dans les séances à venir, selon des analystes, qui estiment qu'une pause est nécessaire dans la tendance haussière du marché. Sur la semaine écoulée, l'indice des 30 valeurs vedettes a perdu 0,9 %. Il a cependant atteint mardi un record absolu en séance à 12 795,93 points. L'indice composite du Nasdaq a, quant à lui avancé de 0,8 % sur la semaine, pour clôturer à 2515,19 points. L'indice élargi Standard and Poor's 500 (SP 500) a cédé 0,3 %, finissant la semaine à 1451,19 points.

Sur le marché obligataire, le taux de rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé à 4,68 % contre 4,69 % vendredi dernier, et celui à 30 ans à 4,78 % contre 4,79 %.

«Les nombreuses statistiques qui seront publiées la semaine prochaine pourraient à nouveau quelque peu décevoir le marché», estime Marie-Pierre Ripert, analyste à la banque d'affaires Ixis. Selon Michael Malone, analyste chez Cowen and Co, l'indice d'inflation lié aux dépenses de consommation (PCE) devrait être le plus important de la semaine. «L'inflation continue d'être le centre des préoccupations des investisseurs» qui cherchent à déterminer l'évolution des taux d'intérêt aux États-Unis, a-t-il souligné.

Selon Al Goldman, analyste chez AG Edwards, Wall Street ne devrait au contraire pas être influencée par des «facteurs externes» tels que des indicateurs économiques mais plutôt par «sa propre dynamique» lors de la semaine à venir. «Le marché est fatigué, et c'est normal après le beau rebond de cette année, qui est venu s'ajouter à l'avancée du marché depuis le 15 juillet», a-t-il expliqué. M. Goldman dit s'attendre à un «temps mort», mais «rien de sévère, peut-être un recul de 2 ou 3 %».

Frederic Dickson, stratège chez D.A. Davidson & Co, va même plus loin, remarquant que de plus en plus d'analystes affirment que «le marché pourrait être prêt à subir une correction mineure, d'environ 5 %». «Avec la fin de la saison des résultats, les données économiques et le secteur de la distribution devraient prendre le devant de la scène», note-t-il. Or, «les distributeurs ont indiqué un ralentissement [de leurs ventes, NDLR] au premier trimestre», ajoute-t-il.

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