Perte nette de 10 millions - Olymel a miné les résultats de la Coop fédérée

La Coop fédérée déclare pour l'exercice financier 2006 une perte nette de 10 millions, mais sa perte d'exploitation dépasse 46 millions. Toutes ses divisions ont été rentables, sauf celle du porc frais. La perte de sa filiale Olymel, dont font partie les activités porcines, est de l'ordre de 63 millions, ce qui inclut une radiation d'actifs découlant de la fermeture des usines de Saint-Simon et de Saint-Valérien. Toutefois, cette importante coopérative, qui déclare des revenus de 3,1 milliards, pense pouvoir sortir sa division porcine de sa situation déficitaire en 2007.

C'était l'assemblée générale annuelle de la Coop fédérée hier à Québec, et les résultats annoncés ont confirmé qu'elle ne bluffait pas quand elle a donné le mandat à la direction d'Olymel de prendre toutes les mesures correctives nécessaires pour un retour à la rentabilité après quatre années de mauvais résultats dans le secteur du porc frais. L'exercice d'orientation stratégique qui s'est ensuivi a donné un diagnostic qu'on a fait valider ensuite par la firme Secor. Parmi les éléments les plus sévères, il y avait la fermeture de plusieurs usines et le redressement de la masse salariale dans l'abattoir le plus moderne du groupe à Vallée-Jonction, une étape récente qui fut fort médiatisée et difficile à traverser pour tous les intéressés.

Claude Lafleur, chef de la direction, explique que la perte de 63 millions chez Olymel, dont la Coop fédérée est l'actionnaire majoritaire avec une participation de 60 %, découle à environ 65 % des activités de porc frais au Québec, le reste étant dû à la situation de l'abattoir de Red Deer, en Alberta, qui a dû fermer son second quart de travail faute de trouver des employés pour remplir ces postes.

Les arrangements récents acceptés par les employés de Vallée-Jonction permettront d'économiser 12 millions. La fermeture des usines de Saint-Valérien et de Saint-Simon entraînera des économies de 15 millions. Une meilleure utilisation des trois usines restantes au Québec et des arrangements à conclure avec les producteurs de porcs cette année devraient entraîner des économies de cinq à dix millions de dollars. Déjà, le taux de change de 85 ou 86 ¢US permet au secteur porcin de survivre. La question est de savoir si ce taux va poursuivre sa montée.

Pour ce qui est de l'abattoir de Red Deer, Olymel a conclu une entente de quatre ans avec le syndicat de ses employés portant sur une hausse de salaire de 0,8 à 2 % par année. En outre, il y a eu entente avec Immigration Canada et le syndicat pour faire venir de 700 à 800 travailleurs de l'Amérique du Sud, qui feront fonctionner le second quart de travail pour rendre l'usine rentable. Ces travailleurs sont liés par des contrats exclusifs de deux ans avec Olymel.

Dans le porc transformé, le bacon notamment, ainsi que dans la volaille, les résultats vont de très bons à exceptionnels. La Coop fédérée est également satisfaite des résultats dans ses autres divisions: approvisionnement, pétrole, etc. Elle s'intéresse particulièrement à l'agri-énergie; plusieurs projets sont à l'étude, en particulier dans le domaine du biodiésel et de la production de méthane à partir du lisier de porc et des déchets domestiques. Demeurant optimiste, le président Denis Richard reprend la déclaration d'un ancien directeur général en disant que, si la Coop fédérée s'était retirée de tous les champs d'activité où elle a connu des difficultés, elle ne serait plus en affaires.

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