Transcontinental prend d'assaut le marché américain

Rémi Marcoux
Photo: Jacques Nadeau Rémi Marcoux

Après avoir développé une expertise au Canada dans l'impartition de 14 journaux quotidiens, Transcontinental entre sur le marché américain par la grande porte avec un contrat d'un milliard de dollars américains sur 15 ans pour l'impression du quotidien San Francisco Chronicle à partir de 2009. «Nous posons les bases d'un partenariat avec une véritable icône de l'industrie des communications à l'échelle mondiale, Hearst Corporation», a déclaré hier Rémi Marcoux à l'assemblée générale annuelle des actionnaires.

Sur la scène internationale, le marché américain représente actuellement 25 % des revenus (provenant beaucoup du marketing direct) de Transcontinental et il est prioritaire dans les plans de développement du groupe. L'obtention en novembre dernier d'un contrat d'impartition de ce quotidien de la côte ouest américaine, qui a un tirage moyen de 400 000 exemplaires et qui se classe au 14e rang des journaux américains, est évidemment un point de départ important. «La confiance de Hearst Corporation nous assure une notoriété et une crédibilité immédiates auprès des éditeurs de journaux américains et devrait accélérer le développement de ce segment au cours des prochaines années», a fait valoir Luc Desjardins, président et chef de la direction.

Transcontinental prend maintenant d'assaut cet énorme marché potentiel qui accapare 30 % des revenus publicitaires dans une industrie de 40 milliards.

À cette fin, Transcontinental crée une division spécifique dont le rôle sera de prendre en charge la développement de son modèle d'impartition de l'impression de journaux en Amérique du Nord et de gérer les usines américaines. Présentement, l'équipe ne compte qu'une dizaine de personnes, mais le nombre augmentera rapidement, annonce-t-on déjà. «Nous sommes en discussion avec la plupart des gros joueurs aux États-Unis. Je peux vous dire que notre modèle est très bien reçu partout, avec encore un plus grand intérêt. Nous avons actuellement une très bonne liste de partenaires qualifiés à travers les États-Unis. Le potentiel de développement pour Transcontinental est énorme. Mais cela prend une équipe à temps plein pour s'en occuper», a expliqué François Olivier, président du secteur des produits et services d'impression. En fait, ce marché de l'impartition est pratiquement vierge chez les voisins du Sud, l'exception étant le USA Today, qui est publié en même temps partout à travers le pays.

L'installation d'une imprimerie ultramoderne dans la région de San Francisco nécessitera un investissement de 200 millions. Transcontinental prévoit avoir de trois à cinq imprimeries en 2010 aux États-Unis pour remplir ses mandats d'impartition. M. Olivier soutient que l'industrie des quotidiens est en transformation rapide et profonde. Selon lui, les statistiques qui font état d'une diminution du tirage sont trompeuses, puisque, en additionnant le lectorat des quotidiens payants et gratuits, on constate une augmentation des lecteurs. M. Olivier a déjà trouvé un slogan pour séduire la clientèle américaine. Prenant exemple sur la télé haute définition, il annonce que Transcontinental offrira aux éditeurs nord-américains la possibilité de lancer le quotidien en haute définition, ce qui permettra d'attirer une clientèle publicitaire qui se réfugie présentement dans les magazines imprimés sur papier glacier. Il prédit que dans 10 ans les journaux quotidiens en seront rendus là eux aussi.

Par ailleurs, Transcontinental maintient ses objectifs d'une croissance interne de 5 % par année, tout en poursuivant sa migration vers le numérique, plus particulièrement en diffusant ses contenus sur des plates-formes numériques multiples. Sa stratégie d'acquisitions est également maintenue, une tâche confiée à Isabelle Marcoux, la fille du fondateur.

Sur le plan financier, malgré deux années difficiles qui ont eu des impacts négatifs sur les revenus et le bénéfice net, Transcontinental a quand même investi 269 millions en immobilisations pendant cette période et prévoit maintenir son rythme à 120 millions par année d'ici 2010. Son ratio d'endettement net sur la capitalisation totale s'établissait à 25 % à la fin de 2006 et il y a des facilités de crédit de plus de 400 millions.

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