Marchés boursiers - L'attitude de l'Irak et la démission chez Hewlett-Packard pèsent sur Wall Street

La réaction agressive duParlement irakien à la résolution de l'ONU sur le désarmement de l'Irak ainsi que le départ du président de Hewlett-Packard, Michael Capellas, ont pesé sur les valeurs américaines hier. Les indices boursiers ont fini en baisse pour la troisième séance d'affilée. Le marché était toutefois très calme et sans grande orientation (la plupart des autres marchés américains étaient fermés pour commémorer l'armistice de 1918).

Le recul des indices s'est accéléré au cours de la dernière heure de cotation. Un peu plus de 30 minutes avant la cloche, le Dow Jones, principal indicateur de Wall Street, perdait plus de 160 points, ce qui a entraîné le déclenchement des freins, un système automatique destiné à limiter la volatilité des échanges.

L'indice Dow Jones des 30 grandes industrielles a reculé de 178,18 points (2,1 %) à 8358,95 tandis que le S&P 500 a cédé 18,56 points (2,1 %) à 876,18. Sur le Nasdaq, l'indice composé a abandonné 40,15 points (3 %) à 1319,13.

Les échanges ont été peu actifs, portant sur 1,093 milliard de titres à Wall Street et 1,249 milliard de titres sur le Nasdaq.

Le marché obligataire et les banques ont été fermés hier en raison de la journée des Anciens Combattants.

«Le marché montre une certaine faiblesse, dans la foulée des prises de bénéfices amorcées la semaine dernière», a indiqué Jeff Sarrett, directeur de la maison de courtage Marblehead Asset Management. Plus pessimiste, Hugh Johnson, directeur des investissements de la banque First Albany, soutient que «les marchés reculent parce qu'ils s'inquiètent de plus en plus de l'économie américaine».

«La décision de la Réserve fédérale américaine de baisser ses taux directeurs d'un demi-point la semaine dernière a montré que celle-ci était maintenant aussi inquiète d'une possible déflation que les investisseurs ne le sont depuis longtemps», a affirmé M. Johnson.

Rejet de la résolution

Le président du parlement irakien, Saadoun Hammadi, a invité les députés à rejeter la résolution de l'ONU et demandé au président Saddam Hussein de prendre toute mesure appropriée pour la défense du pays. Comme le président George W. Bush a prévenu l'Irak que la résolution était un «test final» et qu'il était prêt à utiliser toute la puissance militaire des États-Unis contre l'Irak, la situation suscite une profonde incertitude sur le marché. Ce qui bien sûr pèse sur le dollar face aux autres grandes devises, ajoutant à la déprime de la Bourse. Le billet vert a fini à 1,0106 pour un euro, et à 119,57 yens.

Chez le premier constructeur mondial d'ordinateurs personnels, Michael Capellas, qui était directeur général de Compaq avant sa fusion avec Hewlett-Packard, a démissionné de la fonction de président créée pour lui. Il serait favori pour prendre la tête de l'opérateur de télécoms en faillite WorldCom. La Bourse n'a pas apprécié, et l'action a fini en forte baisse de 11 % à 14,85 $US. Le titre avait perdu plus de 18 % la semaine dernière.

À Toronto

À Toronto, le parquet a ouvert la semaine sur une baisse à l'issue d'une séance marquée par un faible volume, tandis que les investisseurs, peu nombreux en raison du jour du Souvenir, optaient pour des prises de bénéfice dans le secteur des technos. L'indice principal S&P/TSX a laissé filer 96,15 points, ou 1,5 %, à 6293,86, terminant la séance tout près de son creux de la journée.

«Je m'attends à ce que le marché soit instable pour une autre semaine ou deux, et peut-être verrons-nous encore d'autres replis», a estimé Peter Chandler, vice-président principal chez Canaccord Capital Corp. «Toutefois, le marché est actuellement sur une base plus solide qu'auparavant et cela annonce probablement un mouvement haussier vers la fin de l'année.»

Dans l'ensemble, neuf des dix sous-groupes du TSX ont clôturé en baisse, tirés par une glissade de 5,3 % des valeurs technologiques et de 2,8 % du secteur industriel.