Jeu vidéo - Eidos s'installe à Montréal

Eidos Interactive, qui se définit comme l'un des plus importants éditeurs et développeurs de logiciels de divertissement au monde, a annoncé son intention d'établir un nouveau studio de développement afin de travailler sur de nouveaux projets pour consoles nouvelle génération. «Montréal est l'endroit idéal pour établir un nouveau studio en raison de sa communauté de développement de jeux florissante et son économie des plus favorables», a déclaré Bill Ennis, directeur commercial, Eidos.

Eidos a recruté Stéphane D'Astous pour diriger le studio montréalais. M. D'Astous, 42 ans, a été directeur de l'exploitation et gestionnaire de projets au bureau de Montréal d'Ubisoft avant de devenir directeur général du bureau montréalais de Babel Games, en août 2006.

Au cours de la dernière année, Eidos a établi deux nouveaux studios, Eidos Suède et Eidos Studios Hongrie. Membre de SCi Entertainment Group Plc (SEG), un des plus importants développeurs et éditeurs de logiciels de divertissement au monde, Eidos retient, dans son portfolio de propriétés intellectuelles, des titres tels Tomb Raider, Hitman, Deus Ex, Championship Manager, Carmageddon, the Conflict series et Just Cause.

Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a souligné à larges traits hier le pouvoir de conviction qu'a exercé Investissement Québec dans cet investissement de 50 millions sur trois ans. La contribution du gouvernement québécois vient du programme de crédit d'impôt sur les titres multimédias, qui accorde une déduction fiscale correspondant à 37,5 % des dépenses de main-d'oeuvre admissibles. L'entreprise doit recruter 110 personnes avant la fin de 2007 et employer 350 personnes d'ici trois ans.

Outre le crédit d'impôt, «parmi les facteurs qui ont convaincu Eidos de s'implanter à Montréal soulignons la disponibilité d'une main-d'oeuvre expérimentée et le nombre de nouveaux diplômés annuellement. Également, les spécialistes de l'industrie évaluent favorablement la capacité des entreprises d'ici de travailler dans plusieurs langues, de collaborer étroitement avec les studios d'Hollywood (plus de 50 titres ont été produits au cours des deux dernières années)».

«Les démarches auprès de l'entreprise ont été amorcées par Investissement Québec, il y a deux ans.» Puis en juillet dernier, «le ministre Bachand et le p.-d.g. d'Investissement Québec, Jacques Daoust, ont profité de leur présence à Londres pour rencontrer les dirigeants d'Eidos et faire valoir les avantages du Québec», lit-on dans le communiqué du ministère. On souligne que «Montréal est la capitale canadienne de la production de jeux vidéo, avec près de 5000 employés, et affiche le plus haut taux de croissance de l'industrie dans le monde [...] L'industrie du jeu interactif au Québec regroupe plus de 70 entreprises».

Il s'agit de la deuxième annonce d'investissement dans cette industrie en moins d'une semaine. Vendredi dernier, Ubisoft a fait état de nouveaux investissements pouvant atteindre 454 millions sur six ans dans ses installations québécoises afin de développer la convergence entre le jeu vidéo et le cinéma. L'éditeur français parlait alors d'une création possible de 1000 nouveaux emplois d'ici 2013.

La contribution du gouvernement québécois prend, ici, la forme d'une aide globale de 19 millions sous forme de crédit d'impôt et d'aide à la formation. Notamment, Québec assumera 25 % des coûts de main-d'oeuvre des nouveaux emplois, jusqu'à concurrence de cinq millions. Le fédéral, pour sa part, y va d'une contribution remboursable de huit millions.

Le premier ministre Jean Charest s'était alors réjoui de constater que la réduction, de 50 à 37,5 %, du crédit d'impôt dédié à la production multimédia décrétée par son gouvernement n'avait pas refroidi l'ardeur d'Ubisoft, qui était également courtisée par Paris, Shanghaï et Bucarest pour ces investissements.

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