Lexus RX 400h - Hybride, dans tous les sens du terme

En 2004, Lexus présentait une nouvelle génération de RX qui suivait les traces de son prédecesseur le RX 300. Le RX 400h est mu par la combinaison d’un moteur V6 de 3,3 litres et de moteurs électriques disposés à l’avant et à l’arrière du
Photo: En 2004, Lexus présentait une nouvelle génération de RX qui suivait les traces de son prédecesseur le RX 300. Le RX 400h est mu par la combinaison d’un moteur V6 de 3,3 litres et de moteurs électriques disposés à l’avant et à l’arrière du

Tous les constructeurs d'automobiles rêvent de découvrir un nouveau segment de marché en créant des véhicules innovants. En plus de transfigurer le paysage automobile, ces produits, s'ils réussissent à percer, ont la chance de s'imposer avant que la compétition ne devienne trop intense. Après s'être taillé la part du lion, ces véhicules deviennent généralement la référence du segment: des produits qui servent de mesure étalon pour tous leurs concurrents.

Lexus, la division de Toyota qui se spécialise dans les voitures de luxe, a réussi un tel coup en 1999 avec le RX 300, un véhicule dont les caractéristiques, l'architecture mécanique et le style de la carrosserie ont chamboulé l'univers des utilitaires sport. À tel point que l'on n'avait pas de terme juste, à cette époque, pour décrire ce savant mélange de berline de luxe, d'utilitaire à quatre roues motrices et de fourgonnette. Les Anglo-Saxons les ont baptisés «crossovers», un terme que l'on a d'abord traduit par «véhicule hybride», ce qui pouvait porter à confusion, puisque la propulsion hybride commençait à poindre pratiquement au même moment. Depuis, le terme «multisegment» semble s'être imposé pour classer ce type de véhicule à la typologie métissée.

Un hybride hybride

En 2004, Lexus présentait une nouvelle génération de RX qui suivait dans les traces de son prédécesseur avec un design qui excluait la sémantique machiste habituellement associée aux utilitaires, un intérieur digne d'une berline de grand luxe qui offrait, en plus, la position de conduite surélevée qui rassure tant de conducteurs. Cependant, un élément nouveau s'ajoutait: une version équipée du système de propulsion «hybride synergique» de Toyota allait maintenant être offerte. Le RX 400h, puisque c'est son nom, est mu par la combinaison d'un moteur V6 de 3,3 litres et de moteurs électriques disposés à l'avant et à l'arrière du véhicule. Les performances de cette motorisation sont équivalentes à celles d'un V8 de 4,0 litres (0-100 km/h en moins de 7,5 sec), alors que la consommation moyenne reste en deçà des 10 litres/100 km, tant sur la route qu'en ville, ce qui est mieux que bien des voitures compactes.

De ternes cousins

Le Lexus RX 400h partage sa plateforme mécanique avec des produits de marque Toyota, comme la berline Camry, la fourgonnette Sienna et, surtout, le multisegment Toyota Highlander. Ce sont là trois véhicules qui ne sont pas réputés — et qui ne le seront jamais — pour leur agrément de conduite. Leur confort, leur douceur de roulement, leur fiabilité légendaire et leur valeur de revente élevée, certes, mais pas pour les sensations trépidantes que leur tenue de route molle et feutrée ne provoquera jamais. Cela dit, avec une monte pneumatique de bonne qualité, des jantes de 18 pouces et une direction à crémaillère précise, bien que surassistée, le RX 400h tire mieux son épingle du jeu et sait faire preuve d'un peu plus d'entrain que ses cousins de chez Toyota. Le comportement routier est généralement sain et rassurant, mais Lexus aurait intérêt à réduire la garde au sol puisque pratiquement personne n'utilise ce type de véhicule en hors route. Le freinage déjà efficace voit sa performance améliorée par le système hybride qui récupère l'énergie cinétique pour recharger les batteries. Cependant, ce système de freinage régénératif se désactive aux alentours de 5 km/h, ce qui provoque des à-coups et qui exige un peu d'adaptation.

Vert de gris

Bien que le RX 400h se dise «vert», ne cherchez pas cette couleur — ni aucune tonalité un peu vive — dans la palette de couleur offerte pour la carrosserie: seules des teintes nacrées de gris, de beige ou de noir sont au programme. Si l'ancien RX 300 demeure un classique absolu, cette nouvelle génération a adopté une robe dont l'élégance est encore plus consensuelle, mais qui manque peut-être un peu de caractère, surtout lorsqu'on gare le RX 400h à côté d'un BMW X5 ou d'un Infiniti FX35.

À l'intérieur, on est sans conteste chez Lexus: des matériaux luxueux, une finition irréprochable et tous les raffinements technologiques imaginables vous entourent avec bienveillance. Selon votre sensibilité un tel degré de perfection vous enchantera ou vous endormira. Parfois, trop c'est comme pas assez... Les sièges du conducteur et du passager avant possèdent huit réglages assistés, mais on pourra leur reprocher leur manque de soutien. Contrairement à une Toyota Prius, l'affichage du tableau de bord reste sobre et vous ne vous croyez pas au volant d'un OVNI.

Contrairement au Toyota Highlander, le RX 400h n'offre pas de troisième banquette, et la présence des batteries et du système de gestion de la propulsion hybride lui fait perdre une centaine de litres de volume de chargement par rapport à la version RX 350 à essence.

Un turbo électrique

Avec son système de propulsion hybride dit «en parallèle» le RX 400h peut se déplacer en silence grâce à ses moteurs électriques pendant quelques centaines de mètres, à vitesse réduite, avant que l'onctueux moteur V6 ne démarre. Et lorsqu'il se met de la partie, il n'y a guère plus de bruit dans l'habitacle tellement l'insonorisation est efficace. Bien entendu, puisqu'il s'agit d'un véhicule écolo, le moteur thermique est reconnu pour ses émissions polluantes ultrafaibles et pour son raffinement; il dispose de vingt-quatre soupapes actionnées par un système VVT-i de calage variable «intelligent». L'emploi d'une boîte continuellement variable (CVT), qui répartit la puissance de façon très linéaire, contribue aussi à cette impression de tapis volant que l'on a en conduisant un RX 400h. En conduite plus soutenue, l'assistance électrique du moteur, pratiquement indécelable, agit tel un turbo à batteries qui viendrait augmenter la puissance sans affecter la consommation.

Quelle motivation?

Difficile de croire que l'on achète un RX 400h dont le prix de vente peut atteindre les 70 000 $ (avec une surprime de plus de 10 000 $ pour le système hybride) par souci d'économie. Difficile, aussi, de comprendre que l'on puisse acheter un véhicule utilitaire sport par conviction écologique. Il reste, pour justifier l'acquisition d'un tel véhicule, la satisfaction et le privilège de conduire une pure merveille de technologie dont la sophistication et l'efficacité combinent le luxe au rendement. Mais cela se paie au prix fort, à moins d'opter pour un Toyota Highlander qui offre la même motorisation hybride, avec un habitacle plus polyvalent, pour plusieurs milliers de dollars de moins.

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FICHE TECHNIQUE - Lexus RX 400h

- Moteur: système hybride synergique avec V6 de 3,3 L

- Puissance: 268 ch / 212 lb-pi (V6 seul.)

- 0 à 100 km/h: 7,8 s; Vitesse maximale: 180 km/h

- Consommation: 9,6 L/100 km

- Échelle de prix: 62 250 $ (Premium) à 70 700 $ (Ultra Premium)

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Collaborateur du Devoir

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