2006, «un exercice plus difficile que le précédent» pour Gaz Métro

Pour Gaz Métro, 2007 s'annonce comme une année mémorable pour diverses raisons. Elle célèbre cette année son 50e anniversaire, vient de se donner une femme, Sophie Brochu, comme présidente et chef de la direction, et se présente devant la Régie de l'énergie pour demander des modifications au mécanisme en vigueur concernant la réglementation du prix de distribution du gaz naturel au Québec, espérant obtenir une réponse favorable avant la date prévue de révision des tarifs, le 1er octobre 2007.

C'était hier l'assemblée générale annuelle des associés de Gaz Métro et, dans sa dernière présentation en tant que président et chef de la direction, Robert Tessier a parlé de 2006 comme ayant été «un exercice plus difficile que le précédent», avec une baisse de 7,2 millions du bénéfice des associés, lequel a tout de même totalisé 147,2 millions. Au premier trimestre de 2007, le bénéfice des associés augmente de 1,4 % pour atteindre 71,8 millions, les revenus consolidés régressent de 21,6 % pour donner 534 millions et la marge bénéficiaire brute s'apprécie de 5,5 millions, soit une hausse de 3,1 %.

Selon M. Tessier, la baisse du bénéfice des associés en 2006 résulte de l'effet combiné d'éléments hors contrôle de la société, c'est-à-dire «des changements structurels qui n'avaient pas été anticipés lors de la mise en place des règles régissant l'activité de distribution au Québec». La Régie de l'énergie fixe annuellement un taux de rendement de base sur l'avoir des associés, lequel peut être bonifié par un mécanisme incitatif en vigueur de octobre 2000, qui récompense Gaz Métro dans les cas où celle-ci est en mesure de limiter l'accroissement de ses coûts tout en augmentant les volumes livrés. Or le taux de rendement de base autorisé est établi selon une formule fondée sur les prévisions de taux de rendement des obligations du Canada de 30 ans, auquel vient s'ajouter une prime de risque. Le taux de rendement sur ces obligations a chuté depuis quelques années et rien ne laisse croire qu'il va augmenter bientôt.

Par ailleurs, Gaz Métro a pu vérifier entre 1999 et 2005 auprès de 126 000 clients que ceux d'entre eux qui avaient participé à ses programmes d'efficacité énergétique ont réduit leur consommation de 23,5 % alors que les autres ne l'ont fait que de 15,7 % seulement. Partant de là, en consultation avec ses intervenants traditionnels (consommateurs, PME, municipalités, conseils régionaux en environnement, etc.), Gaz Métro a présenté à la Régie un projet de révision du mécanisme incitatif. La Régie devrait donner sa réponse en mars. Quel serait l'impact sur les prix du gaz naturel? La direction de l'entreprise n'est pas en mesure de le dire pour l'instant. Il faudra voir les paramètres que la Régie retiendra dans la proposition qu'on lui a présentée et qui contient une longue liste d'indices de qualité de service, notamment celui de l'efficacité énergétique.

La nouvelle présidente, Mme Brochu, a repris tout de suite le flambeau que lui a tendu M. Tessier, qui devient président du conseil en remplacement de Robert Parizeau. Celui-ci a expliqué qu'«étant donné l'environnement actuel de la société et la qualité des candidatures à l'interne, les intérêts de la société seraient mieux servis dans la continuité». Les priorités de Mme Brochu sont la croissance de la distribution du gaz naturel au Québec et la diversification dans des territoires élargis. Pour ses 50 ans, Gaz Métro a choisi pour thème «Rêver bleu, rêver mieux». Peut-être que certains y ajouteront «la dame en bleu».