Immobilier: les statistiques canadiennes perdront de leur lustre

Le marché immobilier perdra un peu de sa vigueur au cours des prochaines années au Canada, avec un recul du nombre de ventes et de mises en chantier, un ralentissement de la hausse des prix et une légère augmentation du nombre de logements locatifs inoccupés.

Le nombre de mises en chantier au pays devrait s'établir à 209 500 en 2007, soit un recul de presque 8 % par rapport au total de 227 395 atteint l'année dernière, estime la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) dans ses perspectives dévoilées hier. Le ralentissement se poursuivra l'année suivante, alors que ce total passera pour la première fois en sept ans sous la barre des 200 000 avec un total de 195 500 (-6,7 %).

Les ventes de logements existants, de leur côté, quitteront les sommets historiques où elles se tenaient depuis des années et baisseront de 3,9 % à 464 550 en 2007, et de 3,3 % à 449 200 en 2008.

«La majeure partie de la demande refoulée qui s'était accumulée durant les années 1990 s'est résorbée, a expliqué Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL. Par ailleurs, la hausse des charges de remboursement hypothécaire causée par l'augmentation continue des prix et le léger relèvement des taux hypothécaires contribuera à modérer la construction résidentielle cette année et l'an prochain.»

Ce ralentissement à l'échelle canadienne sera notamment attribuable à une première baisse de régime du trépidant marché immobilier de l'Alberta et des autres provinces de l'Ouest, les marchés québécois et ontarien ayant amorcé leur propre atterrissage respectivement en 2005 et 2004.

Poursuite de la baisse au Québec

L'expansion économique et démographique modeste au Québec contribuera à continuer de faire fléchir le nombre de mises en chantier de 47 877 à 42 650 en 2007 (-10,9 %), puis à 38 925 en 2008 (-8,7 %). «Cette baisse, dit le rapport de 27 pages de la SCHL, sera accentuée par un déplacement graduel de la demande vers les logements collectifs, qui sont généralement moins chers.» L'immigration soutenue et le vieillissement de la population sont à la source de cette hausse de la demande de copropriétés et de résidences pour aînés.

La détérioration de la conjoncture économique amènera un premier recul du nombre de vente de logements existants depuis 2003. Le total devrait passer de 71 537 à 69 375 (-3 %) en 2007, et devrait être de 68 000 (-2 %) en 2008.

Ce ralentissement de l'activité immobilière aura un impact sur les prix. «En raison de l'accumulation des stocks et de l'affaiblissement de la demande, le marché de la revente continuera de se rapprocher de son point d'équilibre», explique la SCHL. Loin des niveaux enregistrés en 2003 (16,5 %), 2004 (12,7 %), ou même 2006 (5,7 %), l'augmentation moyenne du prix des logements ne devrait être que de 4,1 % en 2007 et de 2,9 % en 2008.

Les pertes d'emplois chez les jeunes et dans le secteur de la fabrication, associées à l'émigration de travailleurs québécois vers l'Ouest canadien, à la poursuite du mouvement d'accession à la propriété et aux nombreuses mises en chantier dans le secteur devraient avoir pour effet de réduire la pénurie de logements locatifs. Plus important marché locatif au Canada, Montréal a vu son taux d'inoccupation augmenter pour une cinquième année de suite en 2006, en passant d'une moyenne de 2 % en 2005 à 2,5 % l'année dernière. On s'attend à ce que cela se poursuivre en 2007 (3,2 %) et 2008 (3,5 %).

L'augmentation sera beaucoup plus faible à Québec où le taux d'inoccupation était de seulement 2 % en 2006 et où il ne grimpera que modestement à 2,3 % qu'à partir de 2008. La tendance sera encore plus timide à Sherbrooke dont le taux était de 1,6 % l'année dernière et où il sera de 1,7 % et 1,9 % en 2007 et 2008. À Gatineau, le mouvement sera inverse avec un taux d'inoccupation de 4,2 % en 2006, de 4,5 % en 2007 et de 4 % en 2008.

«Il convient toutefois de souligner que les maisons de retraite constituent une part importante de ces logements», précise la SCHL à l'intention de ceux qui penseraient que les beaux jours des locataires seraient sur le point de revenir.
1 commentaire
  • Ramin Deban - Inscrit 6 février 2007 08 h 39

    Bonjour,

    Je suis très content de lire votre rapport qui donne un bon aperçu du marché immobilier pour les mois à venir car j'ai faillit croire aux rapports mensuels de la CIGM ainsi que les commentaires des agents immobiliers qui ont tendance à pousser les acheteurs en leur présentant un marché en plein croissance et des flambées imminentes des prix.

    RD