Baisse des faillites personnelles au Canada

Ottawa — Les consommateurs canadiens ont continué à s'endetter en 2006, mais moins d'entre eux y ont laissé leur chemise, révèlent des données rendues publiques par le Bureau du surintendant des faillites Canada.

Le nombre de faillites personnelles et de propositions aux créanciers a atteint 98 450 l'an dernier, un recul de 4,1 % par rapport à 2005. Il s'agit aussi de la baisse la plus importante depuis 1998, et ce même si le niveau d'endettement continue à augmenter.

Cette situation prévalait partout au Canada, sauf au Québec, où le nombre de faillites personnelles a augmenté de 6 % l'an dernier. Cela serait notamment dû à la faiblesse des secteurs manufacturier et forestier. Le recul le plus important a été enregistré en Alberta, où il s'établit à 29,6 %. Le Canada atlantique et l'Ontario ont enregistré des déclins respectifs de 8,3 % et de 2,1 %.

Les faillites corporatives étaient de leur côté en chute de 10,6 %, à 8179, ce qui représente un cinquième déclin annuel consécutif.

Ce recul du nombre de faillites survient au moment où les dettes semblent plus faciles à supporter, en raison notamment du taux de chômage le plus faible des 30 dernières années et de taux d'intérêts relativement bas.

Pendant ce temps, le ratio de la dette par rapport au revenu disponible a continué à augmenter. Il a atteint 123,1 % au troisième trimestre, une augmentation de 5,4 % par rapport à l'année précédente. Cela veut dire que pour chaque tranche de 10 000 $ gagnés, un Canadien moyen avait des dettes de 12 310 $.

En dépit de cette amélioration générale de la situation, «nous assistons à une augmentation du nombre de Canadiens qui vivent d'un chèque à l'autre, et toute réduction de leurs revenus pourrait engendrer des problèmes financiers importants», a commenté hier Douglas Hoyes, de la firme de syndics en matière de faillites Hoyes, Michalos & Associates.

«Les gens doivent regarder au delà des manchettes positives, a-t-il ajouté. Avec des niveaux aussi importants d'endettement, le Canadien moyen ne pourrait survivre même à une perte temporaire d'emploi.»