Tembec n'entrera pas dans la valse des fusions

Même si remettre Tembec bien en selle prend un certain temps, le président et chef de la direction, James Lopez, ne craint pas d’être laissé pour compte dans tout ce mouvement qui touche l’industrie forestière.
Photo: Jacques Nadeau Même si remettre Tembec bien en selle prend un certain temps, le président et chef de la direction, James Lopez, ne craint pas d’être laissé pour compte dans tout ce mouvement qui touche l’industrie forestière.

Malgré la fusion annoncée, cette semaine, d'Abitibi-Consolidated et de Bowater, Tembec n'est pas prête encore à entrer dans le mouvement.

Sa direction croit qu'il lui faudra d'abord continuer à améliorer son bilan, une démarche qui commence déjà à porter ses fruits, mais qui doit se poursuivre.

Au cours d'une rencontre avec la presse hier, dans le cadre de l'assemblée annuelle des actionnaires à Montréal, le président et chef de la direction, James Lopez, a dit ne rien exclure en matière de fusions, tout en précisant que Tembec est encore loin d'être rendue là.

«À court terme, notre bilan est problématique. On a des devoirs à faire chez nous, avant de pouvoir peut-être être attrayant ou pouvoir considérer un genre de fusion comme Abitibi et Bowater. Ces choses-là se font d'égal à égal, a commenté Michel Dumas, vice-président directeur aux finances. À court terme, ce n'est pas sur notre radar.»

Et même si remettre Tembec bien en selle prend un certain temps, M. Lopez ne craint pas d'être laissé pour compte dans tout ce mouvement qui touche l'industrie. «Il y aura toujours des occasions», a-t-il répliqué.

Le temps des mises à pied et des fermetures définitives est aussi passé. «Nous avons pris la plus grande partie des décisions difficiles, au cours de la dernière année, en termes de fermetures permanentes. Mais il pourrait y avoir encore des mises à pied temporaires de temps en temps», a prévenu M. Lopez.

Il a précisé que l'entreprise est passée de 11 000 employés il y a deux ans à 10 000 l'an dernier, puis 9000 aujourd'hui.

Tembec entre donc dans la seconde phase de son plan, qui en est un de consolidation, d'amélioration de ses résultats, mais pas de fermetures ni de mises à pied permanentes. Les principaux écueils au Québec demeurent les droits de coupe et le coût de la transformation en forêt, non pas les tarifs d'hydroélectricité, ont tenu à préciser MM. Lopez et Dumas.

Une inconnue demeure également dans l'industrie, à savoir la demande pour le papier journal. «Si le papier journal continue à foirer, on va peut-être être "impacté" par ça», a admis M. Dumas.

Grâce à l'entente sur le bois d'oeuvre pour clore le litige canado-américain, Tembec s'est vu rembourser 270 millions en droits compensatoires, ce qui lui a apporté un souffle d'air frais au plan financier.

Tembec a réalisé un bénéfice net de 138 millions, ou 1,62 $ par action, au premier trimestre qui a pris fin le 30 décembre dernier, comparativement à une perte nette de 75 millions, ou 88 ¢ par action, pour le trimestre correspondant de l'exercice précédent.

Son chiffre d'affaires consolidé a atteint 724 millions pour le premier trimestre qui a pris fin le 30 décembre 2006, en baisse par rapport aux 789 millions enregistrés lors de l'exercice précédent.

Fait à noter, ces résultats incluent un gain après impôts de 185 millions, ou 2,16 $ par action, qui vient du remboursement des droits d'exportation sur le bois d'oeuvre et d'intérêts connexes.

Après correction pour cet élément et certains autres éléments spécifiques, Tembec aurait affiché un bénéfice net de 17 millions, ou 21 ¢ par action, comparativement à des pertes nettes de 95 millions, ou 1,11 $ par action, et de 47 millions, ou 55 ¢ par action, au trimestre terminé le 24 décembre 2005 et au trimestre précédent.

Tembec est spécialisée dans les produits forestiers et les pâtes et papiers. Ses installations sont situées principalement au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et en France.