Bombardier garde en vie la Série C

Bombardier assure que les clients se montrent «enthousiastes» à l’égard de la Série C. La date de livraison du premier appareil a néanmoins été reportée à 2013 l’année dernière.
Photo: Bombardier assure que les clients se montrent «enthousiastes» à l’égard de la Série C. La date de livraison du premier appareil a néanmoins été reportée à 2013 l’année dernière.

Bombardier Aéronautique garde en vie son projet de fabrication de la nouvelle ligne d'appareils Série C. Elle maintiendra cette année une équipe réduite chargée de tester les nouvelles technologies disponibles, de trouver les partenaires d'affaires nécessaires et de convaincre des clients de signer des contrats de vente.

«Ce qu'on annonce aujourd'hui, c'est qu'on continue d'évaluer le plan d'affaires, qu'on continue avec l'équipe de 50 personnes que l'on a en place parce que l'on croit que c'est un bon investissement pour l'entreprise, un investissement qui nous permet d'évaluer un marché au potentiel énorme dans les 20 prochaines années», a déclaré hier lors d'une téléconférence Pierre Beaudoin, président et chef de l'exploitation de la division de Bombardier.

Le chef d'entreprise se refuse toujours de fixer une date à laquelle son conseil d'administration déciderait officiellement de lancer ou d'abandonner le projet. On préfère poursuivre, à son rythme, le travail d'élaboration du projet et de recherche de partenaires et de clients. On continuera de faire le point de temps à autre, à l'occasion notamment de la prochaine assemblée annuelle de la compagnie à la fin de mars

L'entreprise avait dépensé dans le projet plus de 100 millions au moment où elle a décidé, il y a un an, de réduire les ressources qui y étaient affectées à cause du peu d'intérêt que suscitait son idée de nouveaux avions de 110 à 130 places auprès des clients et fournisseurs potentiels. Le budget de la petite équipe d'une cinquantaine de personnes s'est élevé à 20 millions cette année.

Bombardier assure que les clients se montrent «enthousiastes» à l'égard de la Série C. Initialement fixée à 2010, la date de livraison du premier appareil a néanmoins été reportée à 2013 l'année dernière.

«On parle de 2013 parce que l'on pense que c'est le moment où l'on aura la bonne combinaison de technologies et de demandes du marché, a expliqué Pierre Beaudoin. Les clients nous disent qu'ils préfèrent attendre pour avoir tout ce qu'il y a de nouveau au point de vue technologie plutôt que d'avoir un avion qui présente certains compromis.»

Bombardier se montre confiante de pouvoir construire des appareils dont les frais d'exploitation seraient inférieurs de 15 % à ce qui existe présentement. Elle compte, pour ce faire, sur le recours extensif à des matériaux composites plus légers ainsi qu'à la future génération de moteurs plus efficaces. De nombreux tests, notamment en soufflerie, auraient démontré la faisabilité du projet. La plupart de ces technologies sont toutefois encore au stade du développement, a reconnu Pierre Beaudoin, et le futur appareil demeure, pour le moment, «un avion de papier».

Partenaire recherché

L'un des principaux objectifs de la compagnie est de trouver un partenaire et les fournisseurs qui accepteront de se joindre au projet évalué à deux milliards. On refuse de donner des noms de candidats possibles. On se contente de rappeler que le partenaire rêvé apporterait à la fois une contribution technologique, une part du financement et un meilleur accès à un grand marché en rapide expansion comme la Russie, la Chine ou l'Inde, bien que le marché américain demeure le plus important.

Bombardier dit ne pas trop craindre la concurrence des géants Boeing et Airbus. Ils seront occupés les prochaines années à mettre au point des appareils plus gros qui, même s'ils devaient avoir des versions rétrécies, seraient nécessairement moins performants que les avions de la Série C conçus spécifiquement pour ce créneau.

Pierre Beaudoin dit ne pas craindre non plus que la suractivité des deux principaux joueurs de l'industrie ne prive son entreprise de fournisseurs. Ces fournisseurs ont fait de trop bonnes affaires dans le passé avec Bombardier pour qu'ils ne se montrent pas intéressés, pense-t-il. «La question pour nous est surtout de choisir qui seront les meilleurs fournisseurs à long terme.»

Les gouvernements, quant à eux, sont tenus régulièrement informés et maintiennent leurs promesses d'aide au projet.

Quoi qu'il en soit, Bombardier Aéronautique n'a pas besoin de la Série C pour survivre, a déclaré son président. Ses avions d'affaires, ses jets régionaux et autres turbopropulsés se vendent bien et continueront de le faire dans l'avenir, a-t-il assuré. Le lancement d'une nouvelle ligne d'appareils se ferait dans un objectif d'expansion et de conquête d'un nouveau marché où l'on pense que l'on pourrait vendre 5800 appareils en 20 ans.