Bush reconnaît une aggravation des iniquités salariales

New York — Le président américain George W. Bush a reconnu hier que les inégalités salariales s'étaient creusées depuis 25 ans aux États-Unis et a appelé les conseils d'administration des grandes entreprises à revoir leur politique de primes et indemnités versées à leurs dirigeants.

Dans son discours sur l'«état de l'économie» prononcé dans le lieu hautement symbolique du Federal Hall, près de la Bourse de New York à Wall Street, le chef de la Maison Blanche a souligné que les récentes informations sur les énormes salaires, primes et avantages divers versés aux patrons des entreprises avaient suscité un sentiment de colère dans l'opinion.

«Le fait est que les inégalités de revenus sont réelles. Elles augmentent depuis plus de 25 ans», a déclaré le président américain devant un parterre de chefs d'entreprise. «L'écart entre les revenus est deux fois plus important aujourd'hui qu'en 1980.»

Toutefois, George W. Bush a estimé que ce n'était pas au gouvernement d'édicter de nouvelles règles sur les primes et salaires versés aux chefs d'entreprise. «Le gouvernement ne doit pas décider des indemnités versées aux dirigeants d'entreprise», a-t-il déclaré. «Mais les salaires et primes des p.-d.g. devraient être basés sur leur capacité à améliorer [les performances de] leur entreprise et à en faire profiter leurs actionnaires.»

«Les conseils d'administration des entreprises américaines doivent prendre davantage leurs responsabilités», a ajouté le président Bush. «Vous devez prêter attention aux mesures d'indemnités que vous approuvez pour vos dirigeants. Vous devez montrer au monde que les entreprises américaines sont un modèle de transparence et de bonne gouvernance d'entreprise.»

Le député démocrate Barney Frank, président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, s'est prononcé récemment en faveur d'une loi qui obligerait les entreprises à obtenir l'accord de leurs actionnaires avant toute mesure de primes et autres avantages en faveur de leurs dirigeants.

Le président Bush avait choisi de s'exprimer depuis le Federal Hall, sur la célèbre rue de Wall Street, à New York. C'est là que George Washington avait prêté serment, que le Congrès et la Cour suprême ont siégé. Le bâtiment actuel, qui date de 1842 et qui abrite maintenant un musée, a servi d'abri d'urgence juste après les attentats contre les tours jumelles du World Trade Center. C'est également là que George W. Bush s'était rendu, après le 11 septembre 2001, pour promettre aux acteurs commerciaux que l'économie américaine allait rebondir.

Hier, après son discours au Federal Hall, George W. Bush s'est rendu au siège voisin de la Bourse de New York, également sur Wall Street, provoquant une belle cohue dans le grand hall des cotations.

Mardi, à la veille de son discours, le président avait reconnu que les quatre années de guerre en Irak avaient éclipsé les résultats économiques de son administration.