Selon la Banque Nationale - 2007, une année de transition

La croissance économique du Québec devrait se chiffrer à 1,8 % en 2007, comme cette année, en raison notamment des difficultés de faire du commerce à l'étranger, a estimé hier la Banque Nationale dans ses perspectives annuelles.

L'équipe d'économistes dirigée par Clément Gignac a affirmé que le ralentissement de l'économie américaine, causé par la baisse de régime dans le secteur immobilier, «ne permet pas d'espérer une embellie généralisée des exportations».

Il faudrait en quelque sorte parler d'une «année de transition», a dit M. Gignac lors d'un entretien. «Certains grands projets devraient être lancés en 2008, du côté de l'énergétique notamment, et entre-temps il faut passer à travers le ralentissement économique américain.» Pour 2008, la croissance passerait donc à 2,1 %.

Pour les neuf premiers mois de 2006, les exportations québécoises étaient stables par rapport à 2005, a dit la banque. L'aluminium était en hausse de 13 % mais les télécommunications chutaient de 19 %. Les difficultés du commerce à l'étranger donnent du fil à retordre dans le secteur manufacturier, où le Québec a perdu 80 000 emplois en quatre ans.

Le Québec, d'ailleurs, est dans le même bateau que l'Ontario, où la croissance sera de 1,6 % l'an prochain après une performance estimée à 1,6 % pour 2006. D'autant plus que l'industrie automobile ontarienne se trouve à la croisée des chemins, a signalé M. Gignac, situation attribuable aux défis que rencontrent les grands constructeurs de Detroit.

L'économie canadienne dans son ensemble devrait connaître une croissance de 2,8 % cette année et de 2,2 % l'an prochain au fur et à mesure que les États-Unis diminueront la cadence.

L'Ontario et le Québec comptent pour les deux tiers de l'économie canadienne. Les deux peinent toutefois à composer avec les difficultés du manufacturier alors que l'Ouest carbure au pétrole. «Cette répartition inégale de la richesse au sein du pays pourrait faire couler beaucoup d'encre en 2007», a écrit la Banque Nationale.

La Banque du Canada devra donc trouver le moyen de jouer un rôle stimulant. Selon les économistes, celle-ci abaissera ses taux de 100 points de base au cours de 2007, ce qui signifie que le taux directeur de la Banque du Canada passerait graduellement de 4,25 % à 3,25 %.

Pendant ce temps, l'Ouest canadien fait flèche de tout bois. L'Alberta a probablement connu une croissance de 7 % cette année, a estimé l'équipe d'économistes en pointant vers les investissements dans les sables bitumineux. Le taux de chômage n'atteint même pas 3,5 %. L'économie albertaine pourrait toutefois ralentir un peu à un rythme de 4 % l'an prochain et en 2008.

Le principal facteur affectant le Canada est le ralentissement appréhendé aux États-Unis, croit la Banque Nationale en évoquant la baisse de régime du secteur immobilier. Le prix médian des maisons au troisième trimestre était en baisse de 2 %, a récemment indiqué la National Realtors Association.

La valeur des maisons a explosé au fil des ans et les gens en ont profité pour effectuer des refinancements hypothécaires afin de rénover ou de consommer. Or cette pratique n'est pas soutenable, a dit M. Gignac. La baisse des dépenses de consommation devrait donc connaître sa plus faible croissance en 15 ans en 2007, soit 1,6 %.

Pour éviter un ralentissement trop sévère, voire une récession — un risque que la Banque Nationale continue d'estimer à 40 % —, la Réserve fédérale américaine va faire passer son taux directeur de 5,25 % à 3,50 % en 2007, selon la banque.

En ce qui concerne le dollar canadien, Clément Gignac le voit à parité avec le dollar américain, mais plus tard qu'il le prédisait auparavant. Il prévoit désormais la parité des deux devises pour 2009.

L'économie mondiale dans son ensemble se dirige vers une croissance de 5 % pour 2006 et pourrait afficher un rythme de 3,9 % l'an prochain, a ajouté la Banque Nationale.
 
1 commentaire
  • Benoît Gagnon - Inscrit 21 décembre 2006 06 h 47

    L`écomomie est un discours, pas une science.

    Il est évident que les économistes ont certaine crédibilité comme les métérologues. Mais ils ne sont pas à l`abri de dérives qui peut entrainer des conséquences qui en général vont dans le sens que les riches seront toujours plus riche et que les pauvres seront toujours plus pauvres. En effet le cpital de la richesse c`est l`humain et l`humain cèst le pauvre.

    Benoit Gagnon