Chine: une ouverture du secteur bancaire porteuse de défis

Dès l’annonce des nouvelles règles, plusieurs banques étrangères avaient annoncé leur volonté d’établir des filiales de droit chinois, dont la HSBC.
Photo: Agence Reuters Dès l’annonce des nouvelles règles, plusieurs banques étrangères avaient annoncé leur volonté d’établir des filiales de droit chinois, dont la HSBC.

Pékin — Le cinquième anniversaire lundi dernier de l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) marque pour les banques du géant asiatique l'arrivée de la concurrence étrangère et des défis à relever.

Annoncée mi-novembre, l'ouverture du secteur bancaire chinois est devenue effective le 11 décembre, jour qui signalait la fin de la période de transition impartie à la Chine pour se mettre en conformité avec une multitude de règles de l'OMC, notamment dans le secteur bancaire et financier.

À condition de constituer une entité de droit chinois, dotée d'un capital d'au moins 100 millions de yuans (13 millions de dollars), les banques étrangères ont désormais accès à la clientèle des particuliers et donc à l'épargne prodigieuse des ménages (1720 milliards de dollars recensés fin 2005). Elles peuvent opérer en yuans et sur tout le territoire.

Dès l'annonce des nouvelles règles, plusieurs banques étrangères avaient annoncé leur volonté d'établir des filiales de droit chinois. C'est le cas des britanniques Standard Chartered et HSBC ou des banques de Hong Kong Hang Seng Bank (groupe HSBC) et Bank of East Asia.

Quatre autres groupes — Citigroup, Mizuho Corporate Bank, DBS Bank et ABN AMRO — devaient également dès lundi solliciter le statut juridique leur donnant un plein accès à la banque de détail sur ce marché de 1,3 milliard d'habitants, selon le China Daily.

De nombreux analystes soulignent que leur arrivée ne devrait pas constituer à court terme une concurrence redoutable pour les établissements chinois, maillant le territoire de leurs réseaux comptant des milliers d'agences.

«Les banques chinoises vont affronter davantage de compétition, mais elles sont là depuis longtemps, connaissent bien leurs clients, leur culture, leurs habitudes», relève ainsi Wu Yonggan, de Guotai Junan Securities. «L'ouverture est une opportunité pour les étrangers, mais il faudra bien encore deux ans pour qu'ils se posent en concurrents» ajoute-t-il.

Dans un récent rapport, l'agence de notation Moody's notait aussi qu'«en raison de leur toujours faible part de marché, les banques étrangères ne devraient pas représenter un défi majeur» pour le moment.

Les étrangers, qui possèdent pour l'instant quelque 2 % du total des actifs bancaires en Chine, ont cependant les moyens de frapper fort pour se frayer leur chemin et finir par capter la clientèle la plus intéressante: urbaine et aisée.

Conscient des enjeux, le gouvernement a d'ailleurs fait appel aux banques étrangères avant même le 11 décembre pour investir dans ses banques afin de participer à l'assainissement d'un secteur marqué par la corruption et la mauvaise gestion.

Mettant l'accent sur «les progrès déjà réalisés et la réforme en profondeur menée» jusqu'à présent, le vice-président de la Commission de régulation bancaire Jiang Dingzhi a appelé lundi les banques chinoises à «accroître leur compétitivité fondamentale» et «adopter une stratégie de long terme».

«Il faut transformer les défis en occasions de développement», a-t-il dit.