Marchés boursiers - Toronto retombe au lendemain de son record

La Bourse de Toronto a perdu, hier, tout ce qu'elle avait gagné la veille et même passablement plus. Le S&P/TSX a dégringolé de 155,50 points, à 12 866,27. Jeudi, il avait bondi de 111 points et franchi la barre des 13 000 points pour la toute première fois.

Des prises de bénéfice expliquent ce brusque recul ainsi que le secteur de l'énergie qui, jeudi, poussait l'indice à un niveau record. Mais cette fois il a eu l'effet inverse, même si le cours du pétrole continuait de grimper.

Aux États-Unis, où le Dow Jones a battu son record à nouveau, le département du Travail calculait que l'inflation avait été nulle en novembre. Les prix à la consommation avaient chuté de 0,5 % en écart mensuel, tant en octobre qu'en septembre, sur le repli des cours de l'énergie. La variation zéro de l'IPC américain, le mois dernier, crée l'espoir que la Réserve fédérale abaissera ses taux d'intérêt, au début de 2007.

À la cote new-yorkaise, le brut de référence pour janvier a renchéri de 92 ¢US à 63,43 $US le baril, avec un regain d'inquiétude pour la sûreté de l'approvisionnement: l'OPEP vient d'annoncer qu'elle réduira, en février, son volume de pétrole à extraire.

Le dollar canadien a stoppé sa glissade, avec un petit gain de 3 centièmes à 86,41 ¢US. La semaine l'a vu toucher son niveau le plus bas en neuf mois.

À Wall Street, rassurée par des indicateurs positifs sur la croissance, la Bourse de New York a battu cette semaine de nouveaux records, et pourrait profiter de la vigueur de la consommation américaine et des traditionnels habillages de portefeuilles pour monter encore avant Noël.

Sur la semaine, l'indice des 30 valeurs vedettes, le Dow Jones, a pris 1,1 % terminant à 12 445,52 points après avoir atteint hier un nouveau record absolu en séance à 12 486,30 points. L'indice composite du Nasdaq a de son côté engrangé 0,8 % à 2457,20 points. L'indice élargi Standard and Poor's 500 a pour sa part gagné 1,2 % à 1427,09 points.

Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans est monté à 4,597 %, contre 4,552 % vendredi dernier, et celui à 30 ans à 4,718 % contre 4,661 %.

Au cours de la semaine écoulée, le marché a été dopé par des nouvelles rassurantes sur le front de la croissance.

Tout d'abord, la Réserve fédérale américaine (Fed), qui réunissait mardi son comité de politique monétaire, a laissé comme prévu son principal taux directeur inchangé à 5,25 %. Elle a également «peu changé la tonalité de son communiqué, ce qui laisse supposer qu'elle devrait toujours baisser ses taux d'intérêt en 2007», a souligné Owen Fitzpatrick, de la Deutsche Bank.

Ensuite, «les investisseurs ont été très agréablement surpris par la vigueur de ventes de détail mercredi, qui ont montré que les Américains continuaient de beaucoup consommer, ce qui contribue à soutenir l'économie», a-t-il poursuivi. Enfin, a relevé M. Fitzpatrick, les chiffres de l'inflation hier se sont également révélés une «bonne surprise», puisque les prix à la consommation sont restés stables en novembre, quand les analystes attendaient une hausse.

«Tous ces chiffres font état d'une croissance solide, sans inflation», a résumé Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.