Transat connaît une «année marquante»

Jean-Marc Eustache, le président et chef de la direction de Transat, n’écartait toujours pas la possibilité d’effectuer, en partenariat, une percée du côté des chaînes hôtelières dans les Caraïbes, au Mexique et en Amérique centrale.
Photo: Agence Reuters Jean-Marc Eustache, le président et chef de la direction de Transat, n’écartait toujours pas la possibilité d’effectuer, en partenariat, une percée du côté des chaînes hôtelières dans les Caraïbes, au Mexique et en Amérique centrale.

La rentabilité était en hausse chez Transat A.T. en 2006. Le voyagiste intégré estime avoir connu une «année marquante», avec trois acquisitions et le retour à la rentabilité de sa filiale française. En 2007, la voie des acquisitions hors Canada sera une nouvelle fois empruntée.

Au cours de l'exercice clos le 31 octobre 2006, Transat A.T. a dégagé un bénéfice net de 65,8 millions, ou de 1,85 $ par action, en hausse de 35 % sur celui de 48,7 millions, ou de 1,17 $ l'action, de 2005. Les revenus du voyagiste ont augmenté de 10 %, de 2,36 milliards à 2,6 milliards.

Ces résultats ont été obtenus malgré une hausse de 24 % des dépenses en carburant d'aéronefs, de 199,4 millions à 247,7 millions entre les deux exercices. Malgré tout, la marge d'exploitation est passée de 120,6 millions à 127 millions et Transat a terminé l'exercice avec des espèces et quasi-espèces de 215 millions, contre 293 millions un an plus tôt. L'évolution de cette encaisse reflète le retour aux actionnaires, sous forme d'un rachat d'actions, d'un excédent de liquidités de 125 millions.

Dans son communiqué, le président et chef de la direction du voyagiste, Jean-Marc Eustache, a indiqué que «l'exercice 2006 aura été marquant pour Transat. Sur le plan stratégique, nous avons réalisé deux acquisitions majeures, l'une doublant le nombre de nos agences de voyages au Canada, l'autre faisant de nous un voyagiste expéditif au Royaume-Uni, plus important marché européen pour le Canada. Nous avons constaté une hausse de notre clientèle, particulièrement en France où Look Voyages a renoué avec la rentabilité. Sachant à quel point le prix du carburant, certains coûts d'exploitation et l'intensité de la concurrence pèsent sur notre industrie, notre performance financière de 2006 s'avère excellente.»

Au chapitre des acquisitions, Transat a acheté les éléments d'actif d'une vingtaine d'agences du réseau Carlson Wagonlit Travel en France, la totalité des actions du réseau d'agences de voyages Thomas Cook Travel au Canada et la totalité des actions du voyagiste britannique The Airline Seat (Canadian Affair).

Au cours d'un appel-conférence hier, M. Eustache a indiqué que la croissance par acquisition demeurait l'objectif en 2007. Du moins, que les acquisitions allaient se poursuivre au cours du présent exercice avec, pour cibles, des tours opérateurs en Europe et aux États-Unis. Parallèlement, il a réitéré que Transat n'écartait toujours pas la possibilité d'effectuer, en partenariat, une percée du côté des chaînes hôtelières dans les Caraïbes, au Mexique et en Amérique centrale.

En 2006, l'augmentation de 10 % des revenus consolidés provient d'une croissance de 8,6 % en Amérique du Nord et de 16,2 % en Europe. Ces gains s'expliquent essentiellement par une hausse de 8,9 % du nombre de voyageurs entre les deux exercices de comparaison, de 7,3 % en Amérique du Nord et de 17,6 % en Europe.

Selon une ventilation saisonnière, les revenus ont augmenté de 4,2 % en Amérique du Nord au cours de l'hiver 2005-06 et de 12,3 % durant l'été, sous le coup d'une hausse de 4,3 et de 13,5 % respectivement du nombre de voyageurs.

En Europe, il y a eu baisse des revenus durant la saison d'hiver malgré une hausse de 25,8 % du nombre de voyageurs (en excluant les acheteurs de vols secs de Look Voyages), «la vigueur relative du dollar canadien annulant les augmentations enregistrées en euros». Pour la saison d'été, les revenus ont progressé de 33,8 %, une performance grossie par l'acquisition en août du voyagiste britannique. Sans l'apport de ce dernier, les revenus provenant des activités européennes ont augmenté de 10 % entre les étés 2005 et 2006 alors que le nombre de voyageurs a progressé de 12,9 %.

Pour la suite des choses, Jean-Marc Eustache a refusé de s'aventurer sur le terrain des prévisions. Il s'est contenté d'écrire, dans son communiqué, que les réservations pour l'hiver étaient «sensiblement» à la hausse en Amérique du Nord et «légèrement» à la hausse en Europe.