Le nombre de logements disponibles reste stable

Si le nombre de logements disponibles a légèrement augmenté à Montréal et Gatineau cette année, la situation est restée généralement stable ailleurs en province. Le taux d'inoccupation est toujours très bas à Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières, où il varie entre 1 % et 1,5 %.

Globalement, on assisterait cependant à un «déserrement» sur le marché locatif québécois, selon les observations de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) publiées hier dans son Enquête sur les logements locatifs. L'organisme attribue principalement l'amélioration de la situation à des conditions d'achat favorables pour les nouveaux propriétaires, plus particulièrement de bas taux hypothécaires, un revenu disponible en hausse et une plus grande disponibilité.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a tôt fait de profiter de la publication de l'étude de la SCHL pour réclamer un moratoire sur toute nouvelle construction de logements sociaux, une pratique qui menacerait «l'équilibre du marché locatif». Pour Luc Courtemanche, président aux affaires publiques de la CORPIQ, la progression du taux d'inoccupation des logements au cours des dernières années est inquiétante. «Il faut réagir dès aujourd'hui afin de maintenir l'équilibre du marché, sans quoi le Québec risque de revivre une crise du logement», croit-il.

La CORPIQ propose donc que le gouvernement du Québec utilise les sommes ainsi dégagées pour aider directement les locataires dans le besoin. «Le gouvernement ferait ainsi d'une pierre deux coups puisqu'il contribuerait au maintien et à l'entretien des logements existants, tout en permettant à un plus grand nombre de locataires de se loger à moindre coût», soutient M. Courtemanche.

Une idée dénoncée par André Trépanier, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). Il fait notamment valoir que cela reviendrait pour Québec à subventionner indirectement les propriétaires. Même son de cloche du côté du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). «Maintenant que les propriétaires de logements locatifs ont augmenté à leur guise les coûts de loyer, ils voudraient que le gouvernement les subventionne pour leurs logements qui sont vacants justement parce qu'ils sont devenus trop chers pour les locataires actuels», juge son porte-parole, François Saillant.

Par ailleurs, le RCLALQ constate que la remontée générale des taux d'inoccupation ne signifie pas la fin des augmentations continues de loyer depuis 2000, même si on a dépassé la capacité de payer de nombreux locataires. Par exemple, un trois et demi, qui se louait en moyenne à Montréal 458 dollars par mois en 2000, se louait 574 dollars par mois en octobre 2006. Pas moins de «74 heures de travail au salaire minimum sont nécessaires pour payer ce loyer», souligne M. Trépanier. Les données de la SCHL font elles aussi état d'une hausse substantielle des loyers depuis 2000 à Montréal. Un appartement de deux chambres à coucher, qui se louait en moyenne 509 $ en 2000, se loue désormais 636 $.

S'il constate que l'offre générale de logements continue de s'améliorer dans certaines des régions qui ont été frappées par la pénurie, en particulier dans celles de Montréal et de Gatineau, le FRAPRU précise toutefois que l'offre de logements locatifs se concentre presque entièrement dans le secteur des appartements à loyer supérieur, alors que les appartements à loyer plus bas demeurent extrêmement rares. Le FRAPRU cite l'exemple de la région métropolitaine de Québec, où le taux de logements inoccupés est tout bonnement de 0 % dans les grands logements familiaux (5 1/2 et plus) dont le loyer est inférieur à 550 $ par mois, contre 4,9 % dans les logements du même type se louant 1000 $ et plus.