Vers une purge parmi les agents immobiliers?

Selon Royal LePage, le ralentissement du marché pourrait bien faire déchanter ceux qui voulait profiter de l’explosion des prix et des transactions.
Photo: Jacques Nadeau Selon Royal LePage, le ralentissement du marché pourrait bien faire déchanter ceux qui voulait profiter de l’explosion des prix et des transactions.

Le nombre d'agents immobiliers pourrait diminuer d'ici un an au fur et à mesure que le ralentissement du marché fera déchanter ceux qui se sont lancés dans le métier pour profiter de l'explosion des prix et des transactions, a indiqué hier le vice-président de Royal LePage.

La firme de courtage a signalé hier que le prix de revente moyen d'une propriété résidentielle à Montréal devrait atteindre 214 250 $ en 2006, soit une augmentation de 5,5 % par rapport à 2005. Pour 2007, Royal LePage prévoit 223 000 $, soit une hausse de 4,1 %.

Ce ralentissement de la croissance des prix, qui grimpaient de 15 % à 20 % en 2003 et 2004, s'accompagnera d'une baisse de 2,5 % du nombre de transactions l'an prochain, a ajouté la firme. Cette accalmie pourrait convaincre des agents ayant rejoint les rangs d'une profession en pleine explosion que le refroidissement n'est pas que temporaire.

«Ce qu'on voit généralement, c'est qu'il y a un délai d'un an entre le moment où le marché décolle et le moment où de nouveaux agents arrivent dans l'industrie», a indiqué lors d'un entretien le vice-président principal de Royal LePage, Gino Romanese. «C'est la même chose lorsqu'il est à la baisse. Au bout d'un an, les gens se disent qu'ils ont persévéré et décident de quitter.»

Le nombre d'agents dans l'industrie est le plus élevé des 10 dernières années. La décision de quitter le marché, a précisé M. Romanese, sera liée davantage à une baisse du nombre de transactions qu'à un recul des prix. La grande majorité des agents demeurent dans le métier quelle que soit la conjoncture, a-t-il dit. Les agents demandent généralement une commission de 5 % du prix de vente final.

Il y a présentement environ 88 000 agents immobiliers au Canada. Selon l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ), il y en aurait actuellement 16 000 dans la province, contre 10 000 en 1994. Il a été impossible de joindre la direction de l'ACAIQ hier.

Environ 50 000 transactions ont été conclues en 2006 dans le grand Montréal, a indiqué hier Royal LePage qui prévoit 48 850 ventes en 2007. Au chapitre des prix, les écarts de croissance sont parfois surprenants. Alors que le prix d'un condo à Boucherville a explosé de 24,7 % par rapport à 2005, pour atteindre 154 250 $, celui d'un condo à Verdun était en baisse de 3 %, passant à 145 000 $, alors que les prix étaient au beau fixe dans Notre-Dame-de-Grâce.

L'augmentation du nombre de propriétés en vente et la baisse de demande ont permis de rétablir un certain équilibre entre acheteurs et vendeurs. Il n'est pas rare, d'ailleurs, de voir des vendeurs retrancher plusieurs dizaines de milliers de dollars du prix afin de susciter de l'intérêt pour une maison ou un condo.

«La concurrence entre acheteurs a faibli depuis 2005», a dit M. Romanese. «Les propriétés ne se vendent plus au-delà du prix demandé, mais plutôt au prix demandé et même en-dessous.» Les premiers acheteurs ne sont plus ceux qui font carburer le marché, a-t-il d'ailleurs ajouté, ce rôle étant davantage celui des babyboomers qui cherchent à se relocaliser.

Comme dans tout bilan du marché immobilier, le recensement des prix à Calgary tient carrément du surréel. De décembre 2005 à décembre 2006, a indiqué hier Royal LePage, la croissance des prix des bungalows, des maisons à deux étages et des condos s'est chiffrée entre 40 et 65 %. Dans l'ouest de la ville, d'où on voit très bien les Rocheuses distantes de 80 kilomètres, les prix ont grimpé de 79 %.