Microcrédit: la Banque mondiale rejette les accusations de Yunus

Washington — La Banque mondiale est très attachée au développement du microcrédit comme outil de développement, a affirmé hier une responsable de la Banque mondiale, rejetant les accusations du Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus. Celui-ci avait déclaré que la Banque mondiale ne consacrait même pas 1 % de son budget au microcrédit et jugé ses méthodes «dépassées».

«C'est en fait une définition assez étroite des sommes que la Banque mondiale dépense pour le microcrédit car cela ne se rapporte qu'aux lignes de crédits pour les prêts aux institutions de microcrédit», a affirmé Elizabeth Littlefield, directrice à la Banque mondiale, chargée de ce secteur. Le chiffre véritable «pourrait être de plus de 6 % du budget total, soit environ 1,3 milliard de dollars, si l'on utilise la définition large qui comprend les lignes de crédit, les activités de conseil, les systèmes de paiement et le travail effectué en matière de régulation et de supervision», a-t-elle ajouté. «Je pense que le pourcentage d'argent que l'on dépense dans le secteur de la microfinance n'est pas la meilleure mesure de ce que fait une organisation dans ce domaine», a estimé Mme Littlefield.

Elle a affirmé que le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, est «très enthousiaste» sur le sujet du microcrédit.

Yunus avait déclaré à Halifax que l'ex-président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, avait manifesté de l'intérêt pour ses initiatives mais qu'il n'avait pas été relayé par son institution.