Transcontinental imprimera le San Francisco Chronicle

Transcontinental vient de signer un contrat de longue durée avec le géant Hearst, aux États-Unis, pour imprimer le quotidien San Francisco Chronicle.

L'impression du journal et éventuellement d'autres produits apporteront à l'imprimeur québécois plus de 1 milliard $US de revenus en 15 ans, a souligné lors d'une rencontre avec la presse, vendredi, le président et chef de la direction de Transcontinental, Luc Desjardins.

L'entente prévoit que Transcontinental imprimera le San Francisco Chronicle à partir du printemps 2009 et ce dans une toute nouvelle usine. D'ici là, Transcontinental devra investir 200 millions $US (228 millions $CAN) pour faire construire cette usine dans la baie de San Francisco.

Pour M. Desjardins, il s'agit là «de la première d'une série de percées que Transcontinental prépare auprès des chefs de file de l'industrie des journaux aux États-Unis». Il n'a pas voulu en dire davantage sur les pourparlers avec d'autres partenaires américains. Il n'y a «rien de concret» pour le moment, à part le San Francisco Chronicle, a-t-il répondu.

Le San Francisco Chronicle tire à 374 000 exemplaires du lundi au vendredi, 384 000 le samedi et 433 000 le dimanche.

Hearst Corporation, avec laquelle Transcontinental a signé son contrat exclusif pour 15 ans, publie 200 magazines dans le monde, dont Cosmopolitan, Good Housekeeping et O, le magazine d'Oprah Winfrey. Hearst possède également 29 chaînes de télévision.

M. Desjardins a pris soin de mentionner que le contrat signé pour le San Francisco Chronicle «exclut le papier» nécessaire à l'impression. «Sur une base comparable» aux ententes signées avec des éditeurs canadiens, dit-il, un tel contrat vaudrait 2 milliards $US.

Transcontinental tire 25 % de ses revenus du marché américain, soit 600 millions $CAN.

Le contrat signé avec Hearst prévoit une clause de protection contre une éventuelle baisse du tirage du journal. «Quand on investit dans des projets comme ça, c'est évident qu'on est protégé sur le long terme par rapport à l'investissement qu'on a fait, indépendamment de ce qui arrive avec le tirage. Tout est prévu et l'investissement initial est toujours protégé dans le type de contrat qu'on signe», a expliqué François Olivier, président du secteur des produits et services d'impression.

Transcontinental nourrit d'autres projets pour sa future usine, en plus d'y imprimer le San Francisco Chronicle. «Il y a plusieurs autres marchés, mais les marchés les plus propices sont probablement les marchés d'impression d'encarts publicitaires, l'impression de catalogues et magazines. C'est une région où Transcontinental n'a pas de plate-forme dans ces créneaux-là, donc ça représente pour nous des opportunités, en plus d'opportunités dans les quotidiens aussi, parce que le Chronicle n'est pas le seul quotidien dans la Bay area», a expliqué M. Olivier.

M. Desjardins, de son côté, a signalé que les contrats d'impression de journaux s'étendent ainsi sur de longues périodes. «Ces contrats à long terme permettent à Transcontinental de sécuriser ses revenus».