Malgré une entente de principe - La direction de la scierie Max Meilleur n'est pas pressée de rouvrir l'usine

Accusés par certains d'avoir fait traîner indûment une grève qui paralyse depuis neuf mois l'économie de toute une région, les employés de la scierie Max Meilleur, de Ferme-Neuve, près de Mont-Laurier, pressent leur employeur de rouvrir l'usine sans retard maintenant qu'une entente de principe a été conclue.

Du côté syndical, on réaffirme, comme le rapportait Le Devoir mercredi, que les deux parties se sont entendues sur les termes d'une nouvelle convention collective. Tous les points en litige seraient réglés, y compris la délicate question du nouveau fonds de retraite. Il ne resterait plus qu'à fixer le protocole de retour au travail.

Le syndicat dit souhaiter que ce retour se fasse le plus rapidement possible avec une reprise des activités de l'entreprise début décembre. Il dit toutefois se heurter à la résistance de la direction, qui semble vouloir attendre à la fin de janvier, voire au début de février.

«En août, l'employeur disait être prêt à reprendre les activités dans un délai de deux semaines», a expliqué hier au Devoir Renaud Gagné, porte-parole au Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ). «Il ne peut pas dire aujourd'hui que la crise dans le secteur forestier l'empêche de faire plus vite, sa cour à bois est pleine!»

Le syndicat ne cache pas son mécontentement, lui qui a été accusé d'avoir étiré le conflit pour des raisons stratégiques et d'avoir eu recours à des tactiques d'un autre âge en lâchant, cette semaine, des fiers-à-bras contre des protestataires venus s'assembler devant les bureaux de la FTQ à Montréal.

«D'un côté, l'employeur encourage une cabale contre nous parce que le conflit dure depuis trop longtemps, et de l'autre, il repousse toujours plus loin la date du retour au travail. C'est le monde à l'envers», s'est exclamé Renaud Gagné.

Il n'a pas été possible hier de joindre un porte-parole des dirigeants de l'entreprise Max Meilleur et fils pour obtenir leur version de l'histoire. Outre la date de la reprise des activités de la scierie et le rythme auquel elle se fera, le protocole de retour au travail doit également régler le sort du président du syndicat local, congédié au cours du conflit.

La grève des 140 travailleurs de Max Meilleur dure depuis le 20 février dernier. L'arrêt de la production de la scierie a graduellement bloqué toutes les entreprises liées de près ou de loin à ses activités, provoquant quelque 1450 pertes d'emplois directs et indirects dans une région durement frappée par la crise du secteur forestier.

L'entente de principe entre l'entreprise et le syndicat serait survenue la nuit précédant les violents accrochages, mardi, entre des partisans des deux camps devant les bureaux de la FTQ à Montréal. Des insultes avaient alors été échangées, les vitres d'un autobus fracassées et des accusations de violences et de menaces lancées lorsqu'une délégation d'environ 125 élus, commerçants et citoyens venus dénoncer le rôle joué dans ce conflit par la centrale syndicale se sont retrouvés nez à nez avec une centaine de grévistes et autres sympathisants.