Loblaw ferme 19 supermarchés au Québec malgré une hausse de profits

Loblaw a justifié sa décision de fermer 19 supermarchés Maxi et Provigo en invoquant un volume d’affaires insuffisant.
Photo: Jacques Grenier Loblaw a justifié sa décision de fermer 19 supermarchés Maxi et Provigo en invoquant un volume d’affaires insuffisant.

Alors même que Loblaw dévoilait hier une amélioration de ses profits au cours du troisième trimestre, l'entreprise torontoise, contrôlée par la richissime famille Weston, a annoncé la fermeture de 19 supermarchés Maxi et Provigo au Québec en prétextant que ceux-ci n'atteignent pas la rentabilité.

Pour tenter de justifier sa décision, Loblaw, dont le profit net a grimpé de 6 % à 203 millions par rapport à l'an dernier, a indiqué dans un communiqué que «le volume d'affaires ne leur permet plus d'offrir de manière rentable toute la gamme de produits et services requis pour bien servir leur clientèle».

Il a été impossible de joindre la direction des communications pour obtenir le nombre précis de licenciements et pour connaître les critères sur lesquels Loblaw s'appuie pour élaborer les objectifs de rentabilité d'un magasin. La fermeture des magasins, prévue au début de 2007, coûtera jusqu'à 45 millions de dollars.

Selon les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ), qui représentent 400 personnes dans neuf des 19 magasins, les magasins sont situés dans la région de Montréal et en Montérégie, de même qu'à Québec, au Saguenay et en Abitibi. Au total, le syndicat estime à 800 les personnes touchées.

La concurrence de Metro et IGA est forte. Mais Loblaw est aussi engagé dans une bataille contre Wal-Mart. D'une part, le géant américain intègre de la nourriture à ses magasins traditionnels. D'autre part, il ouvre des «Supercenters», où l'alimentation prend beaucoup plus de place. Les trois premiers viennent d'être inaugurés en Ontario et d'autres sont prévus pour 2007. À l'inverse, Loblaw vend de plus en plus de marchandises diverses.

Loblaw, qui tente aussi de corriger des problèmes dans sa chaîne d'approvisionnement, a annoncé en septembre une refonte majeure de sa direction. Le président du conseil, W. Galen Weston, a quitté son poste, tout comme le président, John Lederer. Le successeur de ce dernier, Mark Foote, est un ancien de Canadian Tire.

La compagnie fermera aussi 24 magasins de type entrepôt ailleurs au Canada. «Ce que nous avons, c'est une compagnie à la fois très grande et diversifiée, mais nous tentons de la rendre plus simple et plus efficace, a dit M. Foote lors d'un entretien téléphonique. Nous évaluons nos options.»

«Notre expérience avec Provigo, c'est qu'on a toujours été capables de négocier une relocalisation dans un autre magasin ou d'avoir une indemnisation de départ», a dit hier Antonio Filato, secrétaire-trésorier à la section locale 500 des TUAC. «Mais ça, c'étaient des cas portant sur une ou deux fermetures. Là, avec neuf dans notre juridiction et 19 en tout, je ne sais pas... Mais on va tout mettre en oeuvre.»

Dans les résultats du trimestre terminé le 7 octobre, on peut également lire que les revenus se sont chiffrés à neuf milliards, en hausse de 5 %. L'action de la compagnie a grimpé de 5 % à la Bourse de Toronto pour terminer la journée à 47,32 $. Il y a un an, elle tournait autour de 65 $.

Loblaw compte environ 400 magasins au Québec sous diverses enseignes. La compagnie, détenue à 63 % par Galen Weston Limited, affirme qu'elle et ses marchands fournissent du travail à 30 000 personnes au Québec.