Desjardins capital régional et coopératif fête ses cinq ans

Plus de cinq ans après son lancement, Desjardins capital régional et coopératif (DCRC) a un capital cumulatif de 648 millions provenant de 118 000 actionnaires de toutes les régions du Québec. Au 30 septembre dernier, DCRC avait investi plus de 311 millions dans 191 entreprises et coopératives employant 22 500 personnes.

André Lachapelle, président du conseil d'administration de DCRC, soutient que «l'indéfectible appui et la mobilisation du réseau des caisses Desjardins partout au Québec ne sont pas étrangers à un tel succès». Pour sa part, Louis Roquet, président et chef de l'exploitation de Desjardins capital de risque, qui est le gestionnaire de DCRC, a souligné que l'obligation d'investir 21 % de son actif net moyen dans les régions ressources et les coopératives avait été respectée avant le délai fixé au 31 décembre 2006, et ce, malgré les problèmes conjoncturels importants qui affectent ces régions. «C'était un défi de taille», dit-il. Les régions ressources ont un poids économique de 13 % dans l'économie québécoise.

Par ailleurs, au cours des dernières années, la direction de DCRC a dû composer avec certains événements échappant à son contrôle: un moratoire imposé par le nouveau gouvernement libéral à Québec sur les montants admissibles au crédit d'impôt, soit 75 millions en 2003 et 100 millions en 2004 et 2005. Ce moratoire a été levé en mars 2006 à l'occasion du discours du budget du ministre des Finances. DCRC retrouvait son plafond initial de 150 millions par année, mais le crédit d'impôt était ramené de 50 % à 35 %. Il semble que cette mesure ait dissuadé plusieurs investisseurs de mettre à nouveau de l'argent dans DCRC. Alors que toutes les actions s'étaient vendues en quelques semaines les années passées, il s'en est pour l'instant seulement vendu pour environ 79 millions cette année.

Toutefois, comme le souligne Sylvie Audet, vice-présidente à la planification et aux communications, l'année n'est pas terminée et ce genre de produit se vend surtout vers la fin de l'année fiscale, pour les fins du rapport d'impôt des investisseurs. Chez DCRC, on demeure confiant que les ventes d'actions pourront une fois de plus atteindre le plafond de 150 millions. À la fin du premier semestre, la valeur de l'action de DCRC a été baissée de 10,30 $ à 10,21 $. Lors du lancement de DCRC en 2000 la valeur de l'action avait été fixée à 10 $. Sur l'ensemble des sommes investies dans DCRC, 40 % doivent être consacrés à des placements sécuritaires, et 60 % investis en capital de risque dans les entreprises des régions ressources et les coopératives.

M. Roquet se réjouit particulièrement du succès obtenu auprès des coopératives. «Il y a cinq ans, le mouvement coopératif était peu enclin à considérer le capital de risque comme source de financement. Qui d'autre que Desjardins pouvait développer une offre adaptée et respectant l'authenticité coopérative», dit-il. À ce jour, 13 coopératives se sont associées à DCRC, dont la Coop fédérée.

M. Roquet précise aussi que de nombreux efforts sont déployés pour appuyer le transfert entrepreneurial et affirmer ainsi la présence de Desjardins dans ce marché en forte croissance.