Les prix élevés font mal aux profits de Gaz Métro

Le prix élevé du gaz naturel a érodé le bénéfice du distributeur Gaz Métro au cours de l'exercice terminé le 30 septembre dernier.

La société en commandite a déclaré hier un profit net de 147,2 millions, ou 1,25 $ par part, en baisse par rapport au montant de 154,4 millions, ou 1,33 $ par part, inscrit aux livres de l'exercice précédent.

Cette diminution de la rentabilité est survenue en dépit d'un accroissement de 10 % des revenus consolidés, qui se sont chiffrés à deux milliards pour l'exercice. Cette hausse reflète principalement l'augmentation de 16,7 % du prix moyen du gaz de réseau qui est passé de 6,75 $ le gigajoule en 2005, à 7,88 $ le gigajoule en 2006.

Selon le p.-d.g. Robert Tessier, le prix élevé du carburant et les programmes d'efficacité énergétique ont incité bon nombre de clients à réduire leur consommation d'énergie au cours de l'année financière 2005-06.

La diminution des volumes attribuables à cet effort a toutefois été contrebalancé par l'augmentation du nombre de clients résidentiels au Québec, où le gaz naturel est plus populaire que jamais.

«À cause de son prix élevé, le gaz n'a été concurrentiel que dans le marché industriel en 2006», a indiqué hier le gestionnaire. Selon lui, la situation tend cependant à s'améliorer, si bien qu'il faut s'attendre à «une demande accrue pour le gaz naturel dans les années à venir».

Dans un communiqué, Gaz Métro a par ailleurs précisé qu'elle avait dû composer l'an dernier avec la baisse de son taux de rendement autorisé, ainsi qu'avec une baisse des impôts présumés récupérables.

Gaz Métro, dont la structure s'apparente à une fiducie de revenu, a laissé savoir hier qu'elle analysait les conséquences sur ses profits de la décision du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, d'imposer les distributions des fonds. La société tente de trouver une manière d'atténuer l'effet de ce changement.

L'entreprise continue à chercher un fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) pour le terminal méthanier qu'elle souhaite construire à Lévis, en face de Québec. En attendant d'avoir déniché la perle rare, Gaz Métro limitera au minimum ses investissements dans ce projet baptisé Rabaska.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) examine actuellement les conséquences éventuelles de cet établissement sur la faune et la flore de la région.

Avec plus de 2,5 milliards d'actifs et plus de 1500 employés au Québec, Gaz Métro est l'un des plus importants distributeurs de gaz naturel au Canada. La société dessert quelque 164 000 clients au Québec et environ 37 000 au Vermont.

L'entreprise détient par ailleurs des participations financières importantes dans deux entreprises de transport de gaz naturel (Trans Québec & Maritimes et Portland Natural Gas Transmission System) et dans une entreprise spécialisée dans les réservoirs souterrains d'entreposage de gaz naturel (Intragaz).

Elle est en outre en train de compléter l'acquisition du deuxième plus gros distributeur de gaz naturel du Vermont, Green Mountain Power Corporation.

Gaz Métro est présentement détenue à 27,2 % par le public et à 72,8 % par Gaz Métro inc., une entreprise dont sont indirectement actionnaires la société en commandite Trencap, Enbridge et de Gaz de France.

Hier à la Bourse de Toronto, les parts de l'entreprise ont pris 0,04 $ pour clôturer à 15,73 $.