Conflit à la scierie Max Meilleur - Une grève qui s'achève dans la tourmente

Des accrochages entre manifestants ont ponctué, hier, devant les bureaux de la FTQ à Montréal, une longue et pénible grève de neuf mois qui pourrait bien être sur le point de finir à la scierie Max Meilleur de Ferme-Neuve, près de Mont-Laurier.

Des insultes ont été échangées, les vitres d'un autobus ont été fracassées, et des accusations de violence et de menaces ont été lancées après qu'un groupe d'environ 125 élus, commerçants et citoyens, venus de Ferme-Neuve et de ses environs pour protester contre le rôle joué dans le conflit par la centrale syndicale, se sont retrouvés nez à nez avec une centaine de grévistes, de sympathisants et de représentants syndicaux.

Appelée sur les lieux, la police de Montréal n'a rapporté aucun blessé et aucune arrestation.

Selon le premier groupe de manifestants, des fier-à-bras au service de la FTQ les auraient menacés, avant de lancer sur leurs autobus et leurs nombreux camions de transport des billes d'acier à l'aide de frondes, et même de «matraquer» l'un des leurs à coup de bâton. On ne déplorait aucun blessé, mais l'image d'un autobus dont une demi-douzaine de vitres étaient brisées ainsi que des billes d'acier trouvées sur les lieux semblaient corroborer les faits. «Je comprends mal que des choses pareilles puissent se passer en 2000», s'est exclamé l'un des chefs du groupe, le préfet de la MRC Antoine-Labelle, Roger Lapointe. Il accuse le syndicat de se montrer trop gourmand dans ses exigences, alors même que l'industrie forestière est en pleine crise.

«Je n'ai rien vu de tout cela, a juré Marie-Andrée L'Heureux, représentante du Syndicat des communications, du papier et de l'énergie (SCEP-FTQ). On a entendu dire que la vitre d'un autobus a été cassée, mais cela aurait été apparemment fait de l'intérieur.» Elle a assuré que le président de son syndicat aurait reçu les protestataires pour écouter leurs doléances s'ils en avaient fait la demande et que, loin d'être des brutes, les contre-manifestants étaient de simples grévistes parmi lesquels on comptait plusieurs femmes. On disait aussi ne pas comprendre le but de cette manifestation compte tenu du fait que, loin d'être encore dans l'impasse, les négociations sont entrées depuis quelques jours dans un sprint prometteur.

Proche règlement

«C'est à un poil d'être réglé», a annoncé Marie-Andrée L'Heureux. Le travail du conciliateur dans le dossier aurait finalement aidé à s'entendre sur toutes les grandes questions en litige, dont la création d'un fonds de retraite à prestation déterminée nouveau genre. Il ne resterait plus qu'à régler certains détails, dont le sort du président du syndicat local, congédié en cours de conflit.

La tension qui règne entre les partis n'est pas étrangère au fait que la grève des 140 travailleurs à la scierie Max Meilleur et fils dure depuis le 20 février. L'arrêt de la production à la scierie a graduellement bloqué toutes les entreprises de la région liées de près ou de loin à un secteur forestier déjà fort éprouvé. Les dommages ont été évalués à 1450 emplois directs et indirects.