La Commission européenne autorise la fusion de Suez et de GDF

Bruxelles — La Commission européenne a donné son feu vert hier sous conditions au projet de fusion entre Suez et Gaz de France. Les deux entreprises ont accepté de se séparer de leurs filiales belges pour éviter une position de monopole dans ce pays.

La commissaire à la concurrence Neelie Kroes a souligné que l'exécutif européen avait insisté sur cette cession d'actifs, jugée nécessaire pour garantir une concurrence réelle en Belgique et en France. Suez et GDF devront vendre Distrigaz et l'électricien belge SPE. Suez devra en outre abandonner le contrôle de l'opérateur belge de réseau de gaz naturel Fluxys.

La Commission a posé des conditions exigeantes dans ce dossier afin de préserver la concurrence sur les marchés belge et français de l'énergie, a expliqué Neelie Kroes dans un communiqué. Lorsque la fusion avait été annoncée en février, la Commission avait reçu des plaintes de l'Italie et de la Belgique.

L'Italie affirmait que cette opération avait été arrangée à la hâte pour empêcher l'italien Enel d'acquérir Suez. Les autorités belges avaient pour leur part protesté contre cette transaction, estimant que l'entité fusionnée dominerait ses marchés du gaz naturel et de l'électricité. Outre Distrigaz et Fluxys, Suez détient le géant belge de l'électricité Electrabel, qui contrôle plus de 80 % du marché.

Gaz de France et Suez ont négocié séparément avec les autorités belges. Outre les cessions requises par la Commission, les deux groupes se sont engagés à se défaire d'une partie de la capacité de production d'électricité nucléaire de Suez en Belgique et à étendre le terminal de gaz naturel du groupe à Zeebrugge.

Si le feu vert de la Commission européenne résout les problèmes d'ordre concurrentiel, Gaz de France et Suez ont encore du mal à s'accorder sur les termes de leur fusion.

D'autre part, certains actionnaires de Suez, parmi lesquels figure l'homme d'affaires belge Albert Frère, son premier actionnaire, veulent que leur soit versé un dividende exceptionnel avant la fusion, d'après des sources proches du dossier.

GDF et Suez craignent que leurs actionnaires respectifs n'approuvent pas la transaction avant la date butoir à la fin de l'année, selon des sources proches de la transaction. Les employés de Gaz de France estiment ne pas avoir reçu suffisamment d'informations concernant la fusion pour pouvoir se prononcer.

Les actionnaires du groupe doivent approuver l'opération avant la fin de l'année. Dans le cas contraire, GDF et Suez devront négocier de nouveaux termes pour la fusion en se fondant sur les résultats de l'exercice 2006, précisent des sources proches des deux groupes.