Moody's hausse à nouveau la cote de solvabilité du Québec

Moody's a annoncé une nouvelle hausse de la cote de solvabilité du Québec, une deuxième en moins de cinq mois. Le plus récent jugement de l'agence new-yorkaise d'évaluation relève, cependant, davantage d'un ajustement technique apporté à la grille de calcul que d'un nouveau bilan de l'état de santé des finances publiques québécoises.

Après être demeurée silencieuse pendant cinq ans, Moody's avait procédé en juin dernier à une réévaluation à la hausse de la cote de solvabilité du Québec. Elle passait de A1 à Aa3, revenant à son plus haut niveau depuis 1992. En redonnant à Québec son double A, l'agence new-yorkaise reconnaissait les efforts déployés pour contenir la dette de la province.

Hier, le premier ministre Jean Charest dévoilait que Moody's venait de porter à Aa2 la notation du Québec. L'agence a cependant attribué l'ajustement à un changement dans la méthode de calcul. D'ailleurs, dans le communiqué de huit pages diffusé hier, on observe que 26 gouvernements ou agences ont reçu un ajustement haussier. Du nombre, huit autres provinces canadiennes (et territoires) ont bénéficié de cette nouvelle grille et vu leur cote être également augmentée, parfois de façon plus marquée, soit de deux échelons contre un pour le Québec. Le ministre des Finances, Michel Audet, a toutefois fait remarquer qu'avec la modification de juin, le Québec avait également eu droit à ses deux échelons.

Il y a cinq mois, Moody's se disait rassurée par la volonté du gouvernement québécois de contrôler la dette publique en adoptant une «stratégie claire». L'agence ciblait alors la création du Fonds des générations. Elle soulignait également le contrôle des dépenses gouvernementales et la diversité de l'économie québécoise. La cote passait alors à Aa3 et revenait à son niveau de 1992. Dans l'intervalle, elle avait touché un creux à A2, en 1995.

Moins d'une semaine plus tard, l'agence canadienne Dominion Bond Rating Service (DBRS) faisait écho à Moody's en portant la cote du Québec de A à A(élevé). L'agence n'avait pas accordé une telle cote au Québec depuis 1992. DBRS appuyait son évaluation sur la mise en place du Fonds des générations. «Bien que son impact reste limité à court terme, il met en lumière la résolution de la province à contenir la croissance de sa dette.»

L'agence canadienne applaudissait également à l'adoption d'une loi spéciale forçant le retour au travail des employés du secteur public et fixant pour six ans leurs conditions de travail, y voyant une volonté du gouvernement de garder le contrôle de la croissance de ses dépenses.