Le FMI est déçu de la performance économique de la zone euro

Washington — Le Fonds Monétaire International (FMI) a qualifié hier la performance économique de la zone euro de «décevante» et a revu en baisse ses prévisions de croissance économique pour cette zone de douze pays européens à 0,7 % pour 2002 contre 0,9 % lors de sa précédente estimation en septembre.

«Pendant l'année écoulée, la performance économique générale de la zone euro a été décevante», ont constaté les administrateurs du FMI dans leur analyse annuelle de la situation de la zone euro, qui entre dans le cadre de l'exercice de surveillance du Fonds conformément à l'Article IV de ses statuts.

Le FMI a ainsi revu ses prévisions de croissance économique pour la zone euro en baisse à 0,7 % pour 2002 contre 0,9 % lors de ses prévisions de septembre et à 2 % pour 2003 contre 2,3 % un mois auparavant.

Pour l'inflation, le FMI pronostique un taux annuel aux alentours de 2 % pour 2002 et pour 2003 un taux de 1,5 %.

D'une manière générale, l'examen effectué par les experts du FMI montre que «la croissance a été plus faible et l'inflation plus élevée que prévue». Cette évolution était notamment due à des chocs imprévus — en particulier hausses de prix du pétrole, épizooties et turbulences sur les marchés financiers —, selon le FMI qui y voit «une vulnérabilité aux chocs plus grande que prévue de la zone euro».

En particulier «les trois plus grands pays de la zone euro [Allemagne, France et Italie] doivent faire un effort commun crédible pour être dans la ligne du Pacte de stabilité», a souligné le responsable de l'Eurogroupe au FMI Michael Deppler lors d'une téléconférence de presse.

«Les pays plus petits ont eux entrepris les ajustements nécessaires», a-t-il insisté.

M. Deppler a par ailleurs estimé que l'euro était toujours sous-évalué. «Nous voyons l'euro comme étant toujours sous-évalué et pensons qu'il pourrait encore monter», a-t-il souligné.

Quant à l'avenir, il devrait laisser augurer, selon les administrateurs d'une «reprise plutôt progressive». «La reprise devrait arriver en 2003, tirée par la consommation, lorsque les chocs des prix se seront dissipés et dans la foulée des développements mondiaux», ont souligné les administrateurs.

Cette reprise sera soutenue notamment par le fait que les «fon-damentaux économiques sont dans l'ensemble sains et les progrès ont été réalisés en matière de réforme structurelle comme le prouve la relative robustesse du marché du travail».

Mais malgré cela, le FMI considère que des «risques considérables de dégradation persistent, y compris ceux liés à la situation mondiale fragile et l'impact des turbulences sur les marchés financiers».