Marché boursier - Toronto retombe avec les métaux et l'énergie

Un repli dans les secteurs des métaux et de l'énergie a tiré à la baisse la Bourse de Toronto, hier, et le S&P/TSX a perdu 69,76 points, à 12 340,47. Les deux séances précédentes, l'indice s'était apprécié de 3,8 %.

Certains analystes se disent quand même impressionnés par la tenue du S&P/TSX, après la décision d'Ottawa d'imposer les fiducies de revenu comme les autres sociétés. D'autres raisons poussent à l'optimisme: «C'est comme si les astres étaient en bonne conjonction pour les titres sensibles aux taux d'intérêt [banques] et les cours des ressources tiennent bon, c'est de bon augure pour le marché», commente Matt Barasch, analyste pour une filiale de la Banque Royale.

Aux États-Unis, la séance était morne en l'absence de bilans de macroéconomie du gouvernement fédéral. Les bureaux étaient fermés en cette veille du 11 novembre.

Le dollar canadien a fini la semaine en baisse, de 14 centièmes à 88,39 ¢US.

À la cote new-yorkaise, le brut de référence a chuté de 1,55 $US à 59,61 $US le baril, alors que l'Agence internationale de l'énergie revoyait à la baisse sa prévision de la demande globale en pétrole durant l'année 2006.

Peu chamboulée par la victoire des démocrates aux élections, Wall Street devrait profiter de l'éclaircissement du paysage politique pour revenir la semaine prochaine à ses inquiétudes habituelles sur la croissance économique et tenter de jauger le niveau de la consommation avant les fêtes.

Lors de la semaine écoulée, l'indice des 30 valeurs vedettes, le Dow Jones, a pris 1 % terminant hier à 12 108,43 points. L'indice composite du Nasdaq a lui gagné 2,5 % par rapport à vendredi dernier, clôturant à 2389,72 points. L'indice élargi Standard and Poor's 500 (S&P 500) a avancé dans le même temps de 1,2 %, à 1380,90 points.

Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 4,59 % contre 4,72 % vendredi dernier, et celui du bon à 30 ans à 4,69 % contre 4,81 %.

Contrairement à certaines craintes, la victoire des démocrates aux élections parlementaires américaines n'a pas provoqué de recul du marché. La Bourse termine même la semaine en hausse, les investisseurs se félicitant du blocage politique qui devrait découler de l'opposition entre les branches exécutive et législative du pouvoir politique à Washington.

«L'information indéniablement positive, c'est que les élections sont terminées», s'est félicité Ethan Harris, analyste chez Lehman Brothers. Selon M. Harris, un blocage politique pourrait être positif à court terme pour le marché, «car l'hypothèse est qu'un gouvernement actif ferait plus de mal que de bien», mais serait préjudiciable à plus long terme.

«Le marché se focalise sur le court terme», a toutefois rappelé Marc Pado, analyste chez Cantor Fitzgerald. Du coup, «le ton du marché devrait revenir à "business as usual" [les affaires comme d'habitude, NDLR) la semaine prochaine», a pronostiqué l'analyste de Global Insight Brian Bethune.

Le calendrier macro-économique sera particulièrement chargé avec des chiffres sur l'inflation (indice des prix à la production, mardi, et à la consommation, jeudi), sur la consommation (ventes de détail, mardi), la croissance économique (production industrielle et indice manufacturier de la Fed de Philadelphie jeudi) et sur l'immobilier (mises en chantier de logements).