La chute de la confiance plaide pour une nouvelle baisse des taux

Washington — La chute brutale de l'indice de confiance des consommateurs américains au mois d'octobre pèse sur les prévisions de croissance pour le quatrième trimestre et relance les conjectures quant à une éventuelle baisse des taux directeurs.

L'indice de confiance des consommateurs américains dans les conditions présentes et futures de l'économie, établi par le Conference Board, un institut de conjoncture privé, a fortement reculé en octobre, soit de 14,3 points, pour s'établir à 79,4 points, contre 93,7 en septembre.

L'indice, dont la publication survient peu avant la période cruciale des fêtes de fin d'année, est désormais à son plus bas niveau depuis novembre 1993.

Perspectives mornes

«Un marché du travail faible, la menace d'une action militaire en Irak et un déclin prolongé des marchés financiers ont clairement étouffé à la fois la confiance des consommateurs et leurs attentes pour l'avenir proche», a indiqué Lynn Franco, directrice du centre de recherche sur les consommateurs du Conference Board. «Les perspectives pour les ventes au cours de la période des fêtes sont désormais plutôt mornes», a-t-elle ajouté, mettant en garde: «Sans reprise des dépenses de consommation, une reprise économique déjà fragile pourrait s'affaiblir encore davantage.»

Ce mauvais chiffre a surpris les analystes qui tablaient, règle générale, sur un indice à 90.

«Nous devons garder à l'esprit que le déclin de l'indice de la confiance des consommateurs établi par l'université du Michigan pour octobre n'était pas aussi sévère que celui enregistré par le Conference Board», a toutefois fait remarquer John Lonski, économiste en chef de Moody's Investor Services.

L'indice de confiance des consommateurs dans l'économie américaine calculé par l'université du Michigan s'est établi à 80,6 points en octobre, en baisse de 5,5 points par rapport à septembre. «Il y a une possibilité que l'estimation du Conference Board exagère le véritable déclin de la confiance des consommateurs», pense l'expert.

«On ne peut pas s'empêcher d'être un peu anxieux, parce que l'indicateur reflète en particulier une très forte dégradation des perspectives d'embauche», juge cependant Evariste Lefeuvre, économiste États-Unis à CDC Ixis Capital Markets. Selon lui, l'économie américaine entre désormais dans une logique traditionnelle caractérisée par «une dégradation du marché du travail, une décélération des salaires, un moindre pouvoir d'achat et donc moins de consommation».

«On ne doit pas exclure la possibilité d'un repli du PIB au quatrième trimestre», affirme l'économiste, qui a décidé de réviser à la baisse ses prévisions de croissance du PIB à +1,1 % au dernier trimestre 2002.

Baisse de taux

Pour Peter Hooper, économiste États-Unis de la Deutsche Bank, le chiffre annoncé hier «accroît probablement les chances de voir la Réserve fédérale américaine [Fed] prendre des mesures lors de sa réunion de la semaine prochaine».

«Pour l'instant, je m'attends à une baisse de 25 points de base [du taux interbancaire] à moins que nous ayons vendredi des chiffres très faibles concernant le marché du travail. Dans ce cas, je tablerais sur un recul de 50 points», a-t-il expliqué. Le taux directeur est actuellement fixé à 1,75 %, au plus bas depuis 40 ans.