Flaherty présentera sa mise à jour économique dans deux semaines

Il ne serait pas surprenant que la mise à jour économique du ministre Flaherty soit l’occasion pour Ottawa d’annoncer que des réductions d’impôts supplémentaires sont dans les cartons.
Photo: Agence Reuters Il ne serait pas surprenant que la mise à jour économique du ministre Flaherty soit l’occasion pour Ottawa d’annoncer que des réductions d’impôts supplémentaires sont dans les cartons.

Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, dévoilera son diagnostic de la santé financière du pays le 23 novembre prochain, un exercice qu'il combinera à la présentation d'un plan économique pour la prospérité qui donnera des indices sur les avenues que compte retenir le gouvernement conservateur dans les mois à venir.

Devant le comité parlementaire ou les journalistes, hier, le ministre s'est bien gardé de vendre la mèche, mais il ne serait pas surprenant que l'exercice soit l'occasion pour le gouvernement d'annoncer que des réductions d'impôts supplémentaires sont dans les cartons.

La mise à jour économique et le plan qui seront présentés le 23 ne comporteront pas de mesures concrètes, a souligné le ministre Flaherty, répétant qu'il ne s'agissait pas d'un mini-budget. Mais, au terme de l'exercice, on saura exactement ce qu'il faut faire pour assurer la prospérité et la productivité sans connaître spécifiquement les mesures qui seront adoptées, a expliqué le ministre.

«Il s'agit plus de constater où nous nous situons, où nous croyons que les Canadiens doivent se rendre pour protéger notre niveau de vie et conserver notre grande qualité de vie, et voir quelles sont les mesures qui doivent être prises pour atteindre cet objectif», a fait valoir M. Flaherty.

Dès le début de son témoignage devant le comité parlementaire, le ministre a répété que le gouvernement conservateur estime que les Canadiens paient encore beaucoup trop de taxes et d'impôts.

«Les Canadiens paient trop de taxes et le fardeau fiscal des individus, des familles et des entreprises est encore trop imposant et doit être réduit», a affirmé le ministre, qui croit que des réductions d'impôt peuvent stimuler l'économie.

Ce n'est pas la première fois que M. Flaherty tient de tels propos. Il se fait même un devoir de mentionner la volonté des conservateurs de réduire les impôts presque chaque fois qu'il prend la parole en public.

Outre le fardeau fiscal, on s'attend à ce que le ministre profite de la présentation de son plan économique pour aborder la question des transferts aux provinces pour l'éducation postsecondaire.

«La prospérité future de notre pays repose beaucoup sur le niveau d'éducation des Canadiens», a argué le ministre en point de presse.

Pour Ottawa, ces transferts en éducation font également partie de l'équation qui pourrait mener au règlement du déséquilibre fiscal.

Interrogé par le député bloquiste Pierre Paquette sur les façons dont il pourrait s'y prendre pour régler le déséquilibre fiscal, M. Flaherty a cité trois secteurs: l'entente de 2004 sur la santé, les transferts pour l'éducation postsecondaire et les programmes d'infrastructures.

Mais il ne s'agit pas d'une «liste exclusive», a précisé le ministre, qui se dit ouvert à d'autres avenues.

Il espère d'ailleurs pouvoir en discuter de nouveau avec ses homologues provinciaux lors d'une rencontre, en décembre.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, espère pour sa part que l'énoncé économique fera une place au déséquilibre fiscal. «J'espère qu'il y aura des perspectives dans son énoncé économique, des engagements qui sont pris», a noté M. Duceppe.

Le gouvernement conservateur prévoit toujours régler le déséquilibre fiscal dans son prochain budget. La mise à jour économique de M. Flaherty devrait aussi donner une bonne idée de la taille du surplus fédéral.

Il y a un peu plus de deux semaines, le ministère des Finances faisait état d'un surplus de 6,7 milliards entre avril et août, un montant qui dépasse de deux milliards le surplus enregistré pour la même période l'an dernier.

C'est aussi un montant supérieur à ce que M. Flaherty avait estimé dans son budget de mai dernier, lui qui prévoyait alors que son excédent budgétaire annuel allait atteindre les 3,6 milliards pour l'année 2006-07. Le ministre a depuis mis en garde de ne pas s'emballer devant ces chiffres, qui ne reflètent pas le léger ralentissement économique dans certains secteurs et les baisses de revenus occasionnées par la diminution de la TPS.