6,77 milliards d'euros pour sa part de Cegetel - Vivendi refuse l'offre de Vodafone «en l'état»

Paris — Vivendi Universal a annoncé hier soir que son conseil d'administration avait rejeté, «en l'état», l'offre de 6,77 milliards d'euros présentée par le groupe britannique de téléphonie mobile Vodafone pour reprendre sa part de 44 % dans le groupe Cegetel.

«Le conseil a considéré que le prix proposé par Vodafone ne reflète pas la véritable valeur de Cegetel et a décidé, au nom des actionnaires de Vivendi Universal, de ne pas accepter cette offre en l'état», a indiqué le groupe dans un communiqué diffusé à l'issue de son conseil.

Sans exclure un rejet pur et simple de l'offre, Vivendi Universal semble ainsi laisser la porte ouverte à un relèvement des conditions proposées par le groupe britannique, qui a toutefois exclu cette éventualité. «Ceux qui spéculent sur un relèvement de notre offre ont tort» avait encore martelé Chris Gent, le président de Vodafone, jeudi dernier.

Un porte-parole de Vodafone à Paris a indiqué hier soir que le groupe «prenait note de l'annonce faite par Vivendi Universal», indiquant également que «son offre restera ouverte, comme prévu, jusqu'à aujourd'hui en fin d'après-midi».

Vodafone, qui détient déjà 15 % de Cegetel et 20 % directement de SFR, a proposé la semaine dernière 6,77 milliards d'euros pour la participation de Vivendi, quatre milliards pour les 26 % détenus par l'opérateur historique britannique BT et 2,3 milliards d'euros pour les 15 % de l'américain SBC. De source proche du groupe britannique, on réaffirmait hier soir que les conditions faites à Vivendi étaient «fermes et équitables».

Vivendi dispose d'un droit de préemption sur les parts de BT et SBC jusqu'au 10 décembre, en vertu d'une décision du tribunal de commerce de Paris qui lui a accordé lundi un délai supplémentaire d'un mois.

Vente du volet édition

Reste que, pour l'exercer, Vivendi, confronté à un endettement de 19 milliards d'euros, doit mobiliser les financements nécessaires. Vivendi a cédé la semaine dernière ses activités d'édition en France, en Espagne et en Amérique latine à Lagardère pour 1,25 milliard d'euros. Mais ce montant est inférieur à ce qu'il espérait et le groupe n'a pas obtenu de ses banques de conserver plus de 900 millions d'euros pour défendre sa position dans Cegetel, le reste allant au règlement de sa dette. Selon l'édition d'hier du quotidien Les Échos, le président de la Société générale Daniel Bouton, serait réticent à accompagner la montée en puissance de Vivendi dans Cegetel.

De sources bancaires, Vivendi Universal négocie un montage financier d'un type particulier, hors bilan, lui permettant de rassembler les quatre milliards d'euros nécessaires pour préempter la participation de BT, ce qui serait suffisant pour prendre le contrôle de Cegetel et de SFR. Selon l'accord en discussion, Vivendi utiliserait une partie des 1,25 milliard d'euros tirés de la cession de son actif d'édition en Europe pour financer une prise de participation dans un véhicule à but spécifique (SPV) qui pourrait détenir Cegetel.

Les banques, dont Credit Suisse First Boston, Crédit agricole Indosuez et Crédit lyonnais, fourniraient le complément nécessaire via un prêt à ce SPV. Elles se rembourseraient ensuite sur les dividendes versés par Cegetel.

Vivendi Universal pourrait également mobiliser le produit de la cession de l'éditeur scolaire américain Houghton Mifflin, dont il espère retirer 1,75 milliard $US. Vivendi poursuit les négociations avec les groupes de repreneurs potentiels de cet actif alors qu'il n'avait pas reçu vendredi dernier, date fixée pour la clôture des offres, de propositions jugées suffisamment intéressantes.