Crise financière - Le nouveau président de Mitec fait face à un défi de taille

Mitec Telecom, un concepteur et fabricant de produits pour l'industrie des télécommunications, a poursuivi son grand ménage hier en se donnant un nouveau président et chef de la direction, Rajiv Pancholy.

«J'aime les défis», a déclaré M. Pancholy hier, à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise.

M. Pancholy, qui a occupé au cours des années plusieurs postes de direction chez Nortel, aura justement un premier défi de taille à se mettre sous la dent ce matin, lors de son entrée en fonction: régler d'urgence une crise financière. Mitec devait respecter avant le 31 octobre 2002 un certain nombre de conditions fixées par ses banquiers, notamment l'obtention d'un financement additionnel de cinq millions. «Compte tenu des restrictions économiques actuelles et des délais dans notre plan de financement, nous ne pourrons pas remplir ces conditions», a déclaré le vice-président exécutif aux finances de Mitec, Keith Findlay.

M. Findlay a cependant affirmé que l'entreprise avait mené des «négociations extrêmement productives» avec ses banquiers et d'autres institutions financières. «Bien qu'il soit trop tôt pour faire une annonce définitive, je suis entièrement confiant que nous pourrons satisfaire nos créanciers et modifier les termes de notre dette.» Après l'assemblée, M. Findlay a précisé que Mitec s'attendait à ce que ses banquiers reportent l'échéance du 31 octobre.

Mitec a été frappée de plein fouet par la crise de l'industrie des télécommunications. L'entreprise, qui tire la moitié de ses revenus de ses relations avec Nortel et Ericsson, a perdu 28,2 millions en 2002. Ses ventes ont diminué de 35 % au premier trimestre de l'exercice en cours par rapport au même trimestre de l'année dernière et sa perte nette a atteint 6,4 millions.

Le président et chef de la direction de Mitec, Myer Bentob, a quitté son poste le 12 septembre dernier. L'entreprise a par la suite annoncé une série de mesures pour générer des liquidités, notamment par le biais de la vente de propriétés et d'immobilisations non essentielles.

150 postes abolis

Lundi, Mitec a poursuivi son grand ménage en annonçant l'abolition de 150 postes, soit 20 % de ses effectifs. La direction de l'entreprise a refusé de spécifier quel sera l'impact de ces coupes à Montréal, où elle emploie environ 240 personnes.

Le président intérimaire de Mitec, Ken Allstaff, a cependant affirmé hier que Montréal constituera la plaque tournante de l'entreprise en matière de recherche et développement. C'est également à Montréal que la direction de Mitec concentrera ses efforts pour diversifier les activités de la compagnie, actuellement surtout axées autour des communications sans fil. Mitec mettra davantage l'accent sur les communications par satellite et visera divers marchés, comme la défense, la santé et l'environnement. «Nous avons été très optimistes en ce qui concerne le sans-fil et nous avons délaissé le reste», a déploré M. Pancholy.

La direction de Mitec s'attend à ce que le deuxième semestre du présent exercice soit difficile. «Avec le plan de restructuration que nous avons mis en place, je suis confiant que nous pourrons faire face à ces défis», a toutefois déclaré M. Findlay.

L'action de Mitec a gagné 5 ¢ pour clôturer à 55 ¢, hier.