Un membre de la Fed s'alarme des fortes inégalités

Washington — Un membre de la banque centrale américaine s'est alarmé de la hausse des inégalités aux États-Unis, qui pourrait selon son opinion «miner la démocratie», dans des termes très inhabituels pour la Réserve fédérale (Fed).

«Il y a des signes que la hausse des inégalités intensifie la résistance à la mondialisation, altère la cohésion sociale, et pourrait, au bout du compte, miner la démocratie américaine», a estimé la présidente de la Fed de San Francisco, Janet Yellen, lundi soir à l'université d'Irvine, en Californie. Dans un discours prononcé à la veille des élections parlementaires, Mme Yellen a souligné que ces 30 dernières années, «la plus grande part de l'excellente performance de l'économie est allée à un petit segment seulement de la population — celui qui est déjà en haut de l'échelle».

«De ce fait, les inégalités ont augmenté», a-t-elle ajouté. Face à cette situation, Mme Yellen a estimé que «des améliorations dans l'éducation sont impératives pour réduire les inégalités».

Améliorer la couverture sociale aurait des coûts mais «cela mérite quand même une forte priorité politique à mon avis», a-t-elle ajouté.

Mme Yellen a rappelé que les inégalités se sont creusées plus vite aux États-Unis que dans les autres pays de l'OCDE au cours de dernières décennies.

«Les inégalités ont augmenté au point qu'il me semblerait avantageux que les États-Unis envisagent sérieusement de prendre le risque de rendre notre économie plus gratifiante pour plus de gens», a-t-elle ajouté.