Fiducies de revenu - Lendemain de veille sur les marchés

La Bourse de Toronto a relevé la tête hier de la gifle imprévue qu'elle a reçue du ministre fédéral des Finances, mais le secteur des fiducies de revenu, de son côté, peinait à retrouver ses couleurs après que le mécontentement des investisseurs a fait disparaître en fumée près de 20 milliards la veille.

L'annonce du ministre Jim Flaherty de coller un impôt aux fiducies de revenu se faisait encore sentir hier, alors que plusieurs de ces entreprises, comme Penn West Energy (-6,6 %) et CI Financial (-2,6 %), poursuivaient malgré elles une incursion en territoire négatif.

L'indice des fiducies à Bay Street a donc terminé hier sur une nouvelle baisse de 4,3 % après celle de 12 % encaissée la veille. Dans l'ensemble, la Bourse de Toronto, incapable de résister à la tempête des fiducies mercredi, au lendemain de l'annonce de M. Flaherty, a repris à la hausse en grimpant de 0,7 % à 12 130,73.

Une fiducie de revenu est une entreprise plus ou moins comme les autres, à la différence qu'elle ne paie pas d'impôt sur ses profits. Plutôt, elle verse la quasi-totalité de ses profits à ses porteurs de parts, et ce sont eux qui ont la responsabilité de payer l'impôt. Le nombre d'entreprises ordinaires qui se convertissaient à ce modèle, combiné au fait que les étrangers ne payaient pas d'impôt provincial sur les sommes qu'ils recevaient, faisaient en sorte que les gouvernements perdaient des centaines de millions en recette fiscales.

Le ministre Flaherty a changé son fusil d'épaule après que Telus et la société mère de Bell Canada ont décidé de se convertir. L'annonce du ministre a retranché 11 % mercredi à l'action de BCE, laquelle a réagi hier en reculant à nouveau de 1,7 %, à 27,63 $. Telus, en baisse de 14 % mercredi, a pris hier 2,8 % à 57,73 $.

La plongée boursière de mercredi a touché le portefeuille de milliers d'épargnants ordinaires séduits par les dividendes réguliers et les rendements plus élevés que généraient les mesures fiscales. C'est dans cette optique que le plan Flaherty devra faire l'objet d'un examen en Chambre des communes, où les conservateurs, minoritaires, ont encaissé la critique pour l'aspect surprise de leur annonce seulement 11 mois après avoir dit qu'ils ne toucheraient pas aux fiducies.

Nouvelles baisses

La société Gaz Métro, après avoir subi une raclée de 7 % mercredi, a de nouveau chuté de près de 4 % hier, à 16,23 $. En baisse de 10 % mercredi, Canadian Oil Sands, la plus grosse fiducie de revenu à Bay Street, a reculé de 1 %, à 27,17 $. Or d'autres ont remonté une partie de la pente, comme Groupe Pages Jaunes. L'entreprise, qui avait vu son titre fondre de 19 % mercredi, s'est offert hier une hausse de 2,8 %, à 12,60 $. De son côté, Aéroplan, qui avait reculé de 9 %, a rebondi hier avec une hausse de 2,7 %, à 15 $.

«Les valeurs vont finir par se rétablir, a dit hier Alain Chung, gestionnaire de portefeuille chez Claret. Ce qu'on a vu aujourd'hui, on peut appeler ça une deuxième secousse après le séisme de mercredi.» M. Chung est de ceux qui sont passés à l'achat mercredi, car certains titres étaient soudainement beaucoup moins chers. Environ 14 % des actifs que gère Claret sont investis dans des fiducies de revenu, a-t-il dit.

La tourmente des fiducies a profité aux banques et aux assureurs, dont le sous-indice a progressé de 2,3 %. Le dollar canadien, qui a perdu près de 1 ¢ mercredi après que les investisseurs étrangers eurent quitté les fiducies, n'a que légèrement reculé hier, à 88,23 ¢US.

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