En route vers Quito - Les opposants à la ZLEA entendent garder la tête froide

Grèves étudiantes, manifestations, vaste consultation populaire... Les opposants à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) se promettent, à la veille de la réunion ministérielle de Quito en Équateur, de ne pas répéter les débordements de violence du Sommet des Amériques aux printemps 2001 à Québec.

«On n'assistera pas à une réédition des erreurs commises au Sommet des Amériques, affirme François Baillargeon, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante qui organise une journée de grève et une grande marche contre la ZLEA au centre-ville de Montréal jeudi. D'abord parce que l'on n'aura pas de réunion à laquelle s'opposer directement. Aussi parce qu'il y aura beaucoup d'étudiants qui ne seront pas là pour se battre. À moins, bien sûr, que la police cherche la confrontation.»

Il estime qu'environ 5000 personnes participeront à la marche qui se mettra en branle à 15h à l'Université Concordia et se terminera en soirée par un bal masqué à la place Émilie-Gamelin. Une dizaine d'associations étudiantes de l'Université du Québec à Montréal et de cégeps de la province se sont déjà donné des mandats de grève pour la journée. Plusieurs autres devraient suivre, pense-t-il.

Une première manifestation était déjà prévue en fin de journée hier à Québec. «Des actions auront lieu partout au Brésil, en Argentine, au Mexique,... en appui aux représentants des groupes sociaux qui se sont rendus [au forum parallèle] à Quito, expliquait hier Patrice Breton, de la Coalition régionale d'Opération Québec printemps 2001. Après ce que l'on a vécu ici en 2001, on tenait à avoir notre propre manifestation avant de se rendre à Montréal.»

Campagne d'information

Les actions de cette semaine serviront de coup d'envoi à une campagne d'information de plusieurs mois menée par les centrales syndicales et les organisations sociales du Réseau québécois sur l'intégration continentale. Cette campagne culminera, au printemps, par la tenue d'une grande consultation populaire sur la ZLEA. Calquée sur une expérience à laquelle plus de 11 millions de Brésiliens ont participé le mois dernier, le référendum informel portera sur l'intérêt de signer une éventuelle ZLEA plutôt que de poursuivre des formes de mondialisation plus respectueuses des droits de l'homme ou de l'environnement.

Si François Baillargeon constate que les débordements de la lutte antimondialisation du Sommet de Gênes et le durcissement de la répression policière qui a suivi les événements du 11 septembre ont bien refroidi les ardeurs de certains militants, il affirme que leur vigueur d'antan n'a pas tardé à revenir. «Le Sommet des Amériques a servi à conscientiser beaucoup de gens ici. Le fait que l'on parle beaucoup de privatisation de la santé et de l'éducation, ces temps-ci, fait que les gens sont plus sensibles aux menaces que fait peser sur nous la ZLEA.»