Chute du real et de la Bourse - La victoire de Lula ne rassure pas les marchés brésiliens

São Paulo — La confirmation de la victoire du candidat de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, à la présidence du Brésil n'a pas éliminé le climat d'expectative des marchés financiers qui ont mis le pied sur le frein et ont réalisé des prises de bénéfices hier.

La semaine dernière, le real s'était apprécié de 5 % à la veille des élections, les marchés semblant avoir assimilé une victoire annoncée de Lula. Mais, contrariant les expectatives de hausse de la devise brésilienne, le real a clôturé hier en repli de 1,5 %, à 3,78 pour un dollar. Il avait clôturé vendredi en hausse à 3,73 pour un dollar. Le volume d'affaires a été réduit de moitié sur le marché des changes hier, ce qui a entraîné la volatilité des cours, ont relevé les analystes.

Les opérateurs ont centré leur attention sur les prochains pas du nouveau président élu dont le discours d'hier a été «positif» selon eux, car il a renforcé les engagements faits pendant la campagne électorale.

Dans son premier discours, Lula a souligné que le Brésil honorerait ses engagements, que l'inflation serait maintenue sous contrôle et il a assuré la continuité d'une politique budgétaire austère, ce qui de l'avis du directeur de l'agence de courtage Agora Senior, Alavaro Bandeira, «n'a apporté aucune nouveauté à laquelle le marché ne se soit pas attendu».

Mais, selon les analystes, la prudence des investisseurs persistera jusqu'à la diffusion des noms de l'équipe de transition, prévue pour aujourd'hui. En outre, vendredi prochain arrivent à échéance des titres de la dette publique (indexés au dollar) à hauteur de 1,96 milliards de dollars, ce qui maintient les marchés à la prudence, ont ajouté les analystes.

La Bourse des valeurs de São Paulo a terminé la séance d'hier en baisse de 4,4 %, son principal indice, l'Ibovespa, affichant 9573 points, en raison de prises de bénéfices également et dans l'attente des noms de l'équipe de transition et des prochains président de la banque Centrale et ministre des Finances.

Vendredi, la bourse avait clôturé en hausse sensible de 2,2 %, avec un Bovespa à 10 014 points.