Avec le bénéfice le plus important des transporteurs américains - Air Canada renoue avec les profits

Air Canada a mis un terme à son troisième trimestre avec un bénéfice net de 125 millions, ou 91 ¢ par action, comparativement à une perte de 903 millions, ou 7,51 $ l’action, au trimestre correspondant de 2001, qui contenait les effets immédiats
Photo: Agence Reuters Air Canada a mis un terme à son troisième trimestre avec un bénéfice net de 125 millions, ou 91 ¢ par action, comparativement à une perte de 903 millions, ou 7,51 $ l’action, au trimestre correspondant de 2001, qui contenait les effets immédiats

Faisant contraste dans une industrie en crise, Air Canada a renoué avec les profits au troisième trimestre. Des gains ont été enregistrés à tous les niveaux, sauf sur les routes régionales, pénalisées par des charges administratives de plus en plus lourdes qui ont gonflé le prix des billets, s'est plaint le transporteur national.

«Les résultats d'Air Canada pour le troisième trimestre sont particulièrement encourageants dans le contexte de la crise que traverse actuellement le secteur nord-américain du transport aérien. Notre performance indique clairement que nos initiatives de rationalisation de la capacité et de maîtrise des coûts, conjuguées à notre stratégie de segmentation du marché, sont efficaces», a souligné le président et chef de la direction, Robert Milton.

«Air Canada a réalisé le bénéfice le plus important de tous les transporteurs des Amériques ce trimestre», a-t-il mis en exergue. La seule compagnie aérienne encore rentable aux États-Unis, le transporteur à rabais Southwest Airlines, a dégagé un bénéfice net de 75 millions $US dans une mer de pertes totalisant 2,2 milliards $US pour cette période de trois mois. Sur les neuf premiers mois, Southwest affiche un bénéfice net de près de 200 millions $US, se démarquant dans une industrie qui prévoit cumuler une perte de sept milliards $US cette année aux États-Unis seulement, à peine inférieure à celle de 2001 (7,7 milliards).

Air Canada a donc mis un terme à son troisième trimestre, clos le 30 septembre 2002, avec un bénéfice net de 125 millions, ou 91 ¢ par action, comparativement à une perte de 903 millions, ou 7,51 $ l'action, au trimestre correspondant de 2001, qui contenait les effets immédiats des événements du 11 septembre. Ses revenus ont progressé de 6,2 %, à 2,75 milliards. Après neuf mois, la perte n'est plus que de 64 millions, ou 54 ¢ l'action, comparativement à une perte de 1,04 milliard, ou 8,64 $ par action, après neuf mois en 2001. Les revenus sont passés de 7,49 milliards à 7,58 milliards entre ces deux périodes de comparaison.

Lignes intérieures

Dans l'analyse de ses résultats trimestriels, Air Canada a fait ressortir une augmentation de 7 % de ses revenus sur ses lignes intérieures, combinée à une hausse de 5 % du rendement en passager-mille payant. Ces données tiennent compte de l'introduction de son service à rabais Tango. Ce dernier a affiché un coefficient d'occupation moyen de 81,4 % au troisième trimestre, contribuant ainsi à l'augmentation de deux points de pourcentage du coefficient d'ensemble, à 76,7 %. La segmentation a été élargie en septembre avec le lancement d'une nouvelle filiale, Zip, spécialisée dans les vols à escompte et s'activant dans l'Ouest canadien, dans un face-à-face avec Westjet.

Les services internationaux ont également connu de bons résultats avec des revenus en hausse de 17 % entre les deux trimestres de comparaison. Sur les routes transatlantiques et transpacifiques, Air Canada a comptabilisé des produits en hausse de 10 % par rapport à des augmentations de moins de 10 % de capacité en place-mille offerte.

À l'inverse, des reculs ont été observés sur le marché transfrontalier. Les produits passages y ont été inférieurs de 25 millions, soit 5 %, à ceux du trimestre correspondant de 2001, par rapport à une contraction de 4 % de la capacité. Mais là où Air Canada s'est fait le plus insistant, c'est au chapitre de la contre-performance enregistrée sur les routes régionales. «Pour Air Canada Jazz, les produits sur le marché intérieur ont reculé de 28 millions, ou 15 %, en partie en raison des réductions de capacité et de la faiblesse prolongée du trafic sur le marché des lignes courts courriers», affirme le communiqué.

Robert Milton est allé plus loin. «Il est en outre de plus en plus évident que l'imposition, par l'État et par des monopoles créés par l'État, d'un nombre croissant de suppléments et de redevances, qui viennent majorer le prix du billet d'avion pour les voyageurs aériens au Canada, a des conséquences négatives importantes pour la demande, notamment sur les marchés courts courriers. Depuis le début de l'exercice, le trafic d'Air Canada Jazz a chuté de près de 30 %, par suite notamment de l'application de ces suppléments et de ces redevances.»

Le transporteur, qui coiffe une dette de quelque 12 milliards et fait face à des exigences de remboursement de 420 millions au cours des quatre prochains mois, ne craint pas pour ses liquidités. Au 30 septembre, ces liquidités totalisaient 717 millions, ou 897 millions si on tient compte des financements engagés, un niveau inchangé sur un an. «La société [...] cherche à mettre en oeuvre diverses opérations et initiatives de financement afin de répondre à ses besoins futurs de liquidités. Ces activités pourraient comprendre des opérations de cession-bail supplémentaires, la vente d'éléments d'actif ou d'autres opérations de financement», a précisé Air Canada.