Mazda 5 - La vraie, la seule «mini-fourgonnette»

En étant plus petite, plus abordable et plus économique, mais tout aussi pratique que les autres fourgonnettes, la Mazda 5 saura satisfaire les amateurs du genre, mis à part ceux qui ont véritablement besoin de trois rangées de sièges pour loger de
Photo: En étant plus petite, plus abordable et plus économique, mais tout aussi pratique que les autres fourgonnettes, la Mazda 5 saura satisfaire les amateurs du genre, mis à part ceux qui ont véritablement besoin de trois rangées de sièges pour loger de

Depuis des lustres, les chroniqueurs automobiles se demandent s'il faut dire «fourgonnette» ou «mini-fourgonnette» pour décrire des véhicules tels que la Dodge Caravan ou la Honda Odyssey. En effet, pourquoi dire «mini» quand le suffixe «ette» suffit à nous faire comprendre qu'il s'agit de la version réduite de quelque chose, en l'occurrence d'un fourgon. Bien malin, maintenant, celui qui pourra me trouver une définition du terme fourgon qui fasse l'unanimité! Mais cela est un autre débat épineux pour les érudits de la chose... Je digresse!

Revenons à la Mazda 5 qui, elle, est à proprement parler une vraie, une authentique, mini-fourgonnette (à moins que ce ne soit une mini mini-fourgonnette?...). En étant plus petite, plus abordable et plus économique, mais tout aussi pratique que les autres fourgonnettes, la Mazda 5 saura satisfaire les amateurs du genre, mis à part ceux qui ont véritablement besoin de trois rangées de sièges pour loger des adultes et leurs bagages.

La plateforme d'une compacte

Cette voiture est un petit tour de force: ses concepteurs ont réussi à créer un grand volume intérieur même si leur mini-fourgonnette se fonde sur la plateforme mécanique d'une voiture compacte (la Mazda3). Malgré son allure un peu étrange, ses proportions sont habilement maîtrisées et il s'agit, dans l'ensemble, d'un véhicule plutôt bien dessiné, ce qui n'est pas pour lui nuire. En effet, la ligne dynamique de la Mazda 5 réussit à transmettre habilement le caractère de sportivité propre à la marque, sans pour autant compromettre le volume habitable, optimal pour un véhicule de ce gabarit.

Des portes coulissantes facilitent l'accès aux places arrière, comme ce fut le cas, jadis, dans des véhicules précurseurs que furent les Multi et Access de Nissan qui ont ouvert la voie à ce chapitre. Une voie dans laquelle s'engouffre la Mazda 5 qui est maintenant la seule sur le marché à offrir de telles prestations. Elle y va aussi de quelques innovations, tel son hayon arrière qui s'ouvre en deux temps. À l'avant, par contre, la Mazda 5 possède une large calandre, très vulnérable en stationnement urbain, qui est située juste à la hauteur où les autres véhicules ont leurs pare-chocs, ou pire: la boule de remorquage qui aura tôt fait de vous refaire la devanture.

À l'instar d'autres produits Mazda, l'intérieur de la 5 associe son prétendu esprit sportif à des matériaux de teinte sombre. Jusque-là, seul le revêtement de siège en tissu noir était au catalogue, mais, pour 2007, Mazda ajoute le cuir brun — pardon, espresso — en option. La finition est soignée, mais la qualité des plastiques laisse un peu à désirer. C'est moins bien que dans d'autres produits de la marque en tout cas, notamment la Mazda 3. L'aménagement de l'habitacle est très polyvalent, par contre: les quatre sièges arrière peuvent se rabattre, et ceux de la rangée centrale peuvent coulisser d'environ 15 cm d'avant en arrière. Les places de la deuxième rangée sont acceptables si l'on recule les sièges, mais les places arrière deviennent alors impraticables. À l'inverse, si les deux sièges du centre sont poussés vers l'avant, quatre enfants pourront s'asseoir derrière. Ainsi, il faut faire un choix: soit on transporte quatre adultes, en réservant l'espace arrière pour leurs bagages, ou bien on opte pour la configuration à six places, quitte à sacrifier pratiquement tout l'espace de chargement.

Sportive de salon

Seul le vigoureux quatre cylindres de 2,3 litres est offert. Ce moteur, omniprésent dans la gamme Mazda, est toujours agréable et souple. Bien qu'il puisse se révéler gourmand ailleurs, dans d'autres véhicules, sa consommation reste, ici, très raisonnable malgré la masse du véhicule. Cela est probablement dû à l'étagement plus long des rapports de la boîte de vitesse. Les performances sont adéquates pour ce segment, mais ce n'est rien de foudroyant. Outre la boîte manuelle à cinq rapports, on peut aussi commander une boîte automatique qui offre un mode «sport» permettant de passer les rapports manuellement. Dans les deux cas, le levier de vitesse est situé sur la console centrale pour dégager l'espace au plancher.

Les prestations routières sont conformes à ce que l'on attend d'une fourgonnette, mini ou pas. Très prévisible et bien adapté à ce type de véhicule, le comportement routier de la Mazda 5 ne nous impose pas le sous-virage prononcé et l'inertie lourdaude que l'on rencontre trop fréquemment au volant d'une fourgonnette. Il faut cependant modérer notre enthousiasme, car, si l'on pousse un peu trop, encouragés en cela par la vigueur du moteur, on découvre rapidement les limites du véhicule: en virage serré, l'adhérence du train avant peut laisser à désirer, et l'effet de couple ne tarde pas à se manifester. Ici, une barre antiroulis plus rigide aurait certainement fait merveille. Mais il ne s'agit pas d'une voiture de sport et, malgré les orientations du marketing de Mazda, c'est plutôt le confort qui a été privilégié.

Beau, bon, pas cher

Unique dans son créneau, la Mazda 5 est bien positionnée sur le marché, car la clientèle québécoise a tendance à préférer des véhicules plus petits et moins gourmands. Bien entendu, la Mazda 5 est moins spacieuse que des fourgonnettes plus grandes, et ce n'est pas le véhicule idéal si vous avez une famille nombreuse. Mais elle reste très logeable si n'avez qu'un ou deux marmots à aller conduire à l'école. De plus, sa tenue de route nous fait oublier que l'on est au volant d'une fourgonnette, ce qui n'est pas à dédaigner.

Seule ombre au tableau: les matériaux de garnissage intérieur bon marché, aux textures et aux teintes dépareillées. De toute évidence, c'est là où l'on a choisi de réduire les coûts. Mais il faut se souvenir qu'il s'agit, ici, d'un véhicule valant aux alentours de 20 000 $, et que l'on ne doit pas avoir d'attentes irréalistes sur ces aspects dans ce segment. Simplement, Mazda a préféré mettre l'argent ailleurs, et cela est assez sage, en fait.

Collaborateur du Devoir

FICHE TECHNIQUE Mazda 5

- Moteur : I4 2,3 L

- Puissance : 153 ch / 147 lb-pi

- 0 à 100 km/h : 8,2 s

- Vitesse maximale : 190 km/h

- Consommation : 9,7 L/100 km

- Échelle de prix : 19 995 $ (GS) à 22 895 $ (GT)

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